Acta Pacis Westphalicae II B 5,2 : Die französischen Korrespondenzen, Band 5, 2. Teil: 1647 / Guido Braun unter Benutzung der Vorarbeiten von Kriemhild Goronzy und Achim Tröster, unter Mithilfe von Antje Oschmann am Register
271. Memorandum Longuevilles und d’Avaux’ [für Ludwig XIV.] Münster 1647 Mai 13
Münster 1647 Mai 13
Ausfertigung: Ass.Nat. 277 fol. 499–509’ = Druckvorlage. Duplikate: AE , CP All. 83 fol.
143–153’ [für Mazarin]; AE , CP All. 100 fol. 89–97 [für Servien], mit z.T. abweichender
Reihenfolge der Absätze. Druck: NS IV, 101–104; CDI 83, 254–261 (spanische Überset-
zung ).
Stillstand der Verhandlungen mit Spanien über die Portugalfrage. Konferenz mit den Me-
diatoren über die Reichsangelegenheiten: deren Beschwerden über die überzogenen Forde-
rungen der Schweden; Bitte Trauttmansdorffs um französische Unterstützung; wiederholtes
Drängen der Mediatoren auf französische Drohung mit separatem Reichsfrieden gegenüber
den Schweden; sich abzeichnende schwedische Hegemonie ihrer Ansicht nach Gefahr für die
Stellung Frankreichs und die katholische Religion; demgegenüber Betonung der schwe-
dischen Kompromißbereitschaft durch Longueville und d’Avaux; ihre Ablehnung eines fran-
zösisch-kaiserlichen Separatfriedens; Vorschlag, nach Rückkehr Volmars in Münster Kon-
ferenzen zwischen den kaiserlichen und einem schwedischen Gesandten unter Hinzuziehung
der Franzosen abzuhalten; Ankündigung entschiedenen Auftretens gegenüber den Schweden
im Falle des Scheiterns einer solchen Konferenz; trotz der Bemühungen der Gesandten
Schwierigkeit eines gleichzeitigen Friedensschlusses mit Spanien und dem Reich aufgrund
der Haltung der Alliierten Frankreichs; Übermittlung der französischen Antwort an Trautt-
mansdorff und Befürwortung des Konferenzangebotes durch die Mediatoren. Erörterung der
Portugalfrage mit ihnen: Contarinis Vortrag eines die französische Konzessionsbereitschaft in
puncto Waffenstillstand betonenden Schreibens Nanis; hingegen Bestehen der französischen
Gesandten auf einem einjährigen Angriffskriegsverbot; Scheitern des Versuchs, Contarini für
dieses Projekt zu gewinnen; zunächst Warten auf die Antwort Trauttmansdorffs vor wei-
teren Schritten; in der Frage einer schriftlichen Erklärung der Mediatoren zur Assistenz Por-
tugals geringerer Widerstand als in Sachen Waffenstillstand; Schreiben Nanis an Contarini
zu den französisch-spanischen Verhandlungen gemessen an seiner mündlichen Stellung-
nahme unzureichend. Zustimmung zur nicht vollständigen Abrüstung Kurbayerns. Zufrie-
denheit der portugiesischen Gesandten mit Frankreich. Militaria. Abstreiten von Bündnis-
verhandlungen mit Spanien und den Generalstaaten von seiten der Gesandten Kurbranden-
burgs . Erneute Visite der Mediatoren: Zustimmung Trauttmansdorffs zu der von den Fran-
zosen vorgeschlagenen Konferenz; weiterhin Ersuchen um französische Unterstützung,
jedoch offenbar gewachsene Zuversicht der Kaiserlichen; aus französischer Sicht Verhin-
derung einer vorzeitigen Einigung im Reich wegen der Schwierigkeiten in den Verhandlun-
gen mit Spanien wünschenswert; vergebliche Bemühungen der Mediatoren bei Trauttmans-
dorff in der Frage eines Waffenstillstandes für Portugal; möglicherweise Lösung des Problems
einer schriftlichen Erklärung der Mediatoren zur Unterstützung Portugals bei vorherigem
Verzicht auf die Waffenstillstandsforderung. Entschluß der Gesandten zum Nachgeben im
letzten Punkt; beabsichtigte Erklärung gegenüber den Mediatoren: Angebot des französi-
schen Verzichts auf diese Forderung bei zufriedenstellender Lösung der übrigen Fragen; doch
zunächst Vorschlag ihrer Entscheidung durch die Generalstaaten; Begründung und nähere
Erläuterung dieses Vorhabens; Vorteile der geplanten Vorgehensweise. Zeitmangel.
On aura veu par la dernière dépesche la response des Espagnols sur le
faict du Portugal après laquelle touttes choses sont demeurées icy en si-
lence pendant quelques jours sans que nous ayons veu les Médiateurs, et
sans que les offices du comte de Trautmansdorff auprès des ministres
d’Espagne ayent rien pu gaigner sur eux, |:soit qu’il y aye peu de crédict:|,
ainsy que chacun en est persuadé, soit qu’en effect |:le comte Penaranda
aye les mains liées sur ce poinct-là:|.
Un jour après la réception de la dépesche du 3 de ce mois, Messieurs les
Médiateurs nous ont veu pour les affaires de l’Empire
grande remonstrance sur les prétentions exorbitantes des Suédois, encor
mesmes que la pluspart des protestans n’y adhèrent pas, et dirent que le
comte de Trautmansdorff demandoit le secours de la France, comme il
avoit faict cy-devant, puisqu’il se pouvoit dire que ce n’estoit plus une
guerre d’Estat, mais de religion; qu’il estoit besoing de parler plus ferme
que l’on n’avoit faict jusqu’à présent, et que les choses sont à telle extré-
mité qu’il faut que les Suédois soient les maistres en Alemagne, et qu’on
leur accorde tout, ou que la France leur fasse dire que la satisfaction des
deux couronnes estant réglée, et celle des alliez aussy, et les protestans
ayans receu contentement par leur propre adveu, il est temps de conclurre
conjoinctement la paix avec l’Empereur, et que la France ne peut plus tar-
der . Ils ont passé jusqu’à dire que cela seroit encor inutile sy l’on n’y ajous-
toit de la part de Leurs Majestés qu’à faute d’y |:voulloir entendre par les
Suédois, la France seroit justiffiée en faisant seulle la paix:|. Ils représentè-
rent de plus que |:si on laisse establir les Suédois de cette sorte dans l’ Em-
pire :|, et y acquérir tant d’amis et de partisans, |:la France s’i trouveroit
notablement intéressée:|; que dans la prospérité où ils sont, la suspension
faicte avec Bavières leur donne de sy grands avantages, et qu’ils en usent
sy hautement, qu’ils forment tous les jours de nouveaux desseins de
s’agrandir, et que l’Empereur est forcé d’y donner les mains, et d’ aban-
donner religion et touttes choses s’il n’est soustenu de la part du Roy.
Nostre response fut que les lettres d’Osnabrug
la modération de nos alliés, et nous donnent plus d’espérance de la paix;
qu’il y a mesme icy des advis dudict lieu qui portent que les Suédois se
sont relaschés sur le poinct de l’antonomie [!] , et ont aussy proposé pour
Osnabrug une alternative plus avantageuse que la première, c’est à sçavoir
qu’il y aye deux princes et évesques catholiques de suitte, et puis un pro-
testant , et derechef deux catholiques ausquels succédera un protestant, et
ainsy à perpétuité. Qu’encor que cela ne soit pas recevable, l’expérience
ayant faict voir que partout où les protestans ont mis le pied en Ale-
magne , ils s’en sont rendus les maistres, c’est néantmoins une marque de
la bonne disposition qu’ils ont à la paix et une apparence qu’avec un peu
de patience, ilz feront le reste.
Les Médiateurs nous pressèrent de faire réflexion sur ce qu’ils nous a-
voient dict de la part du comte de Trautmansdorff, disans que les affaires
estoient dans une extrémité qui ne reçoit guières de délais, et qu’il n’y
avoit qu’à considérer sy la France veut adhérer à touttes les passions des
Suédois, |:ou les obliger à faire la paix conjoinctement, ou se résoudre à la
conclurre séparément avec l’Empereur:|.
Nous dismes nettement que pour ce dernier poinct, nous n’y pouvions
entendre, et n’avions nul ordre ny dessein de ce faire.
Ils répliquèrent tous deux que les Suédois ne parlent pas de la sorte, et que
non seulement ils escoutent, mais qu’ilz proposent hardiment, et sans
faire aucune mention de la France, qu’on leur accorde telle et telle chose,
et qu’ils feront la paix.
Nous tesmoignasmes grande seureté en leur correspondance et union avec
nous, mais que s’ils se rendoient trop difficiles en la conclusion du traicté,
le comte de Trautmansdorff pouvoit mander le sieur Wolmar, qui est en-
cor à Osnabrug, pour luy venir rendre compte de tout ce qui s’y est passé,
et que comme alors sans doute il viendroit aussy en ceste ville un des
plénipotentiaires de Suède, nous pourrions voir avec eux en quoy consis-
tent les difficultez qui restent, et contribuer tous nos offices pour les faire
cesser, ou y trouver quelque tempérament. Que sy nos conférences ne
produisoient l’effect désiré, qu’alors nous informerions la cour du détail,
ne doutans point que Leurs Majestés ne nous envoyent les ordres néces-
saires |:pour parler fortement aux ambassadeurs de Suède, et les obliger à
faire la paix:|.
Nous avons pris ces deux |:voyes successivement, l’une après l’autre, pour
avoir le temps de voir ce que l’on pourra faire avec les ambassadeurs d’ Es-
pagne :|, et de faire en sorte autant qu’il sera possible que |:les deux traictez
aillent ensemble:|, selon que le mémoire du Roy remarque très prudem-
ment les raisons qui le doivent faire désirer ainsy, quoyqu’à la vérité de
l’humeur que sont |:ses alliez tant d’un costé que d’autre, il sera malaisé de
les ajuster à nostre poinct dans un mesme temps:|.
Les Médiateurs eussent bien voulu que nous leur eussions dict quelque
chose de plus précis. Mais enfin ils se chargèrent de porter nostre res-
ponse au comte de Trautmansdorff, et approuvèrent mesmes l’ouverture
que nous avions faicte de la conférence qui se pouvoit faire icy après le
retour du sieur Wolmar, et la venue de monsieur Salvius ou de son
collègue.
Ces messieurs ne manquèrent pas de remettre sur le tapis l’affaire de Por-
tugal , et nous ayans trouvé dans nostre fermeté ordinaire, monsieur Con-
tareny tira de sa pochette une longue lettre de monsieur Nany dont il fit
la lecture. Elle portoit en substance les bonnes intentions de la Royne et
de monsieur le cardinal Mazarin pour l’avancement de la paix, et qu’il
n’avoit |:pas trouvé beaucoup de résistance pour la trêve de Portugal:|, ce
qui estoit escrit en termes encor plus fortz.
Nous ne laissasmes pas de demeurer en nostre première résolution, et
d’insister à ce que les deux roys s’obligent à ne faire d’un an aucune
guerre offensive sy ce n’est d’un commun consentement, en quoy nous
voulusmes intéresser la république de Venise, remonstrans au sieur Con-
tareny que s’il ne se faisoit aucune trefve, elle ne recevroit que peu ou
point d’assistance de la France, d’Espagne ny du Portugal, sans compter
d’autres princes et républiques qui peuvent prendre part en ceste guerre et
s’y engager.
Il en demeura d’accord avec nous, mais il dit qu’ayant reconnu absoluement
que cela ne se peut obtenir, que ce seroit tousjours un grand avantage, et un
soulagement pour eux de voir la paix entre les deux couronnes, et un juste
suject au Turc d’entendre à des conditions de paix plus raisonnables.
Il fut dict beaucoup d’autres choses de part et d’autre sans rien conclurre,
d’autant que nous avions jugé à propos de |:faire encor cet effort et d’ at-
tendre ce qu’ilz nous pourroient rapporter de chez le comte de Trans-
mandorf , auparavant que de venir à l’expédient porté par le mémoire:|.
Nous disputasmes longuement avec eux sur la déclaration qu’on leur de-
mande touchant la liberté d’assister le Portugal; et en ce faict ils firent
encor beaucoup de difficultés, quoyque non pas avec tant de résistance
que sur l’autre, s’estans enfin laissés entendre qu’ils pourroient parler de
ce poinct-là aux Espagnols, mais déclaré nettement de ne se pouvoir char-
ger de l’autre en aucune façon.
Monsieur Contareny ne parle pas icy des deux poinctz touchés au mé-
moire , sçavoir de la |:liberté de dom Edouard et de la facilité sur tous les
autres poinctz quand celluy de la trêve de Portugal sera ajusté, comme le
sieur Nani a faict à Monsieur le Cardinal:|. Sa lettre audict sieur Contare-
ny , quoyque fort longue, n’en faict aucune mention. Nous avons jugé à
propos d’en donner advis, estimans que peut-estre on l’obligera pour faire
voir la vérité de ce qu’il a dict, d’escrire |:à son collègue en sorte que nous
trouverons moins de difficulté en traictant:|.
Nous sommes tout à faict dans le sentiment que |:monsieur de Bavière ne
doibt pas désarmer entièrement:|. Quand on en a parlé au sieur Krebs, il a
dict que ce n’estoit pas |:l’intention de ce prince:| et qu’il a seulement ré-
formé quelques régimens, se conservant le mesme nombre d’hommes avec
moins d’officiers pour diminuer la despense.
On n’a rien oublié pour |:caresser les ministres de Portugal:| et leur tes-
moigner bonne volonté, dont ils paroissent fort contens. Mais la fermeté
que l’on a eu sur ce qui les concerne a faict tant d’esclat en l’assemblée, et
tant excité de plaintes contre nous, que cela les a bien plus satisfaictz que
tout ce qui est venu directement de nous à eux.
Wir freuen uns über das erfolgreiche Seegefecht vor Neapel, welches dar-
auf schließen läßt, daß die hohen Erwartungen, die die Spanier in ihre
Seestreitkräfte setzen, in diesem Jahr enttäuscht werden.
On aura l’œil à |:la ligue que l’on a eu advis qui se doit former entre Es-
pagne , les Estatz et Brandebourg:|. Les ministres de ce prince s’en deffen-
dent hautement, et tesmoignent tous les jours affection et gratitude pour
la France, reconnessans que leur maistre luy a toutte l’obligation de ce
qu’il a conservé de la Poméranie et de la récompense qu’il a eue pour la
partie qu’il en a ceddé.
Lesdicts Sieurs Médiateurs nous estans depuis venus voir
comte de Trautmansdorff attend des nouvelles d’Osnabrug et qu’il est
bien d’advis que le sieur Wolmar vienne icy, comme fera sans doute aussy
un des plénipotentiaires de Suède, afin que nous concertions tous ensem-
ble ce qui se pourra faire sur les poinctz dont ils n’auront pu convenir;
qu’au surplus il espéroit tousjours du Roy l’assistance qu’il a demandée
avec tant de soing dans les intérestz de la religion.
Nous avons reconnu à ce discours bien moins eschauffé que celuy de l’ au-
tre jour que |:les Impériaux se promettent de voir bientost conclurre le
traicté de l’Empire:|. Nous essaierons néantmoins de faire en sorte |:qu’on
n’y aille pas si viste pendant que la paix d’Espagne est si peu asseurée:|,
estant bien certain que pour empescher |:l’Empereur de secourir l’ Espa-
gne :|, l’on ne sçauroit mettre ny condition ny article dans le traicté qui
puisse avoir l’effect et la seureté qu’aura |:la continuation de la guerre en
Allemagne:|, mesmement aujourd’huy que selon |:touttes les apparances
humaines l’on n’y peut pas craindre un mauvais succez:|.
Des affaires de l’Empire on est retombé sur la trefve du Portugal, les Mé-
diateurs disans que depuis leur dernière visite, ils avoient esté chés les
comtes de Trautmansdorf〈f〉 et de Pennaranda
osé en toucher un mot à ce dernier, ainsy qu’ils nous avoient dict ne le
pouvoir faire, mais qu’après en avoir longuement entretenu ledict sieur de
Trautmansdorff jusques à l’ennuier de leurs poursuittes, ils y avoient en-
cor reconnu une impossibilité d’en venir à bout.
Quant à la faculté d’assister le Portugal et à la déclaration que l’on en
désire des Médiateurs, des Holandois et des Impériaux, ils nous disoient
confidemment que le comte de Trautmansdorff leur a tesmoigné ne pou-
voir donner un tel escrit |:comme s’il ne désaprouvoit pas qu’eux et les
Hollandois le donnassent:|; que cela leur avoit donné lieu d’y insister
plus fortement auprès de Pennaranda, qui a respondu ne pouvoir entrer
en négotiation là-dessus ny sur aucun article du traicté s’ils ne luy appor-
toient nostre désistement pour la trefve.
Nous leur avons demandé s’ils avoient veu disposition en l’esprit de Pen-
naranda au consentement que l’on désire que les Médiateurs expliquent
nettement par escrit la liberté d’assister le Portugal.
Au lieu de respondre, ils nous ont aussy interrogé sur la trefve, et enfin ils
ont faict connestre qu’en nous accommodant un peu pour les termes et
pour la manière d’exprimer ceste faculté, nous pourrions avoir contente-
ment , mais qu’il estoit inutile d’y travailler, s’ils n’avoient parole du pre-
mier poinct.
Tout cela joinct à plusieurs advis que nous avons eu d’ailleurs de ceste
opiniastreté des Espagnols, et à ceux que monsieur de La Court nous
donne que |: le traicté de l’Empire s’avance à veue d’oeil :|, nous a faict
croire que nous |:manquerions de différer davantage de nous ouvrir de
l’expédient porté par le:| mémoire de la cour, afin qu’après cela l’on puisse
voir au vray sy l’intention des Espagnols est de |:conclurre maintenant la
paix ou d’attendre la fin de la campagne:| comme quelques-uns en ont
opinion, et que par ce moien Leurs Majestés ayent lieu de prendre leurs
mesures, et de résoudre entièrement comme |:il faudra agir avec les Sué-
dois pour continuer la guerre en Allemagne:| sy l’obstination des Espa-
gnols la rend nécessaire.
Cela servira aussy pour oster un suject de plainte à Messieurs les Estatz
qui pourroient dire que |:cette prétention de la trêve est une nouveauté:|
au préjudice de ce qui a esté cy-devant arresté par l’entremise de leurs
plénipotentiaires, et encor pour oster aux Espagnols le prétexte de |: rejet-
ter la rupture du traicté sur le poinct du Portugal:| et justifier en quelque
façon la résolution que les Holandois pourroient prendre de se séparer de
nous, puisque ce seroit pour un suject qui leur est |:désagréable et pour
lequel ilz croyent de n’estre pas engagez avec la France:| comme mon-
sieur de Servien a prudemment remarqué par la dernière lettre qu’il
nous a escrite .
Ainsy nous avons résolu de faire connestre aux Médiateurs que |:cette
trêve d’un an n’arrestera point la paix:|, à condition néantmoins que
nous y |:pourrons revenir et mesmes prétendre beaucoup plus si l’on ne
nous contente sur les autres poinctz:|.
Mais avant que d’en venir là, nous avons cru à propos d’offrir de |: remet-
tre l’affaire au jugement des Estatz:| suivant qu’il nous est mandé, veu
mesme que Pennaranda s’est servy de la déclaration portée dans la lettre
de monsieur Servien aux provinces pour éluder les instances que nous
faisons de ladicte trefve, |:et pour nous accuser de quelque diversité en
nostre conduitte:|, puisqu’à La Haie l’on offre à la réserve de quatre ou
cinq poincts de remettre le reste des différends à l’arbitrage desdicts Sieurs
Estatz, et qu’icy l’on insiste sur le tout sans parler d’en croire personne.
Par là nous |:nous trouvons comme engagez ou à laisser l’avantage aux
Espagnolz:| qu’ils puissent faire valoir à Messieurs les Estatz la déférence
qu’ils leur ont rendue, et que ce qui a esté faict de semblable par l’un des
plénipotentiaires de France, n’est pas suivy par les deux autres, ou de nous
conformer à ce qui est porté par la lettre de monsieur de Servien. Cela
estant autorisé et un peu plus estendu par le mémoire de la cour du 3
may, nous |:sommes en pensée de faire dire aux Espagnolz que bien loing
de voulloir retarder les affaires comme ilz supposent par des propositions
différentes et faictes en divers lieux, nous sommes prestz de remettre à
l’arbitrage de Messieurs les Estatz tout ce qui n’est point desjà accordé
entre nous et dont on ne pourra convenir:|, pourveu que le poinct des
conquestes et autres spécifiez par ledict mémoire soient auparavant arres-
tez et conclus.
Nous avons passé une bonne partie de l’après-disnée avec les Médiateurs
pour essaier de |:descouvrir leurs sentimens sur le discours des Espagnolz:|
dont il est faict mention cy-dessus. Ils estiment que |:Penaranda ne voudra
pas mettre en compromis la trêve de Portugal, mais soit qu’il accepte nostre
offre ou qu’il la refuse:|, nous espérons d’en tirer de l’utilité pour le service
du Roy, puisqu’au premier cas nous aurons |:asseuré tous les principaux
articles du traicté avec grande apparence de gaigner encor:| quelque chose
sur les autres pour les raisons qui en sont sy bien déduictes par la dépesche
de la cour, joinct que tout le monde connestra clairement la sincérité des
intentions de la Royne pour la paix, et que s’il y arrive du retardement, ce
sera par la faute de ceux qui en ont tesmoigné jusqu’à présent un sy grand
désir; que sy |:l’offre n’est pas acceptée, on pourra s’en prévalloir aisément:|
à La Haie, comme nous ferons icy auprès du sieur de Menerzvich et autres
de ses collègues qui y sont attendus dans peu de jours.
Il est sy tard qu’il ne nous est pas possible d’ajouster sur ce suject tout ce
qui se présente à nostre esprit, ny les précautions que nous avons dessein de
prendre pour |: pourvoir à ce que Messieurs les Estatz ne puissent:| entrer en
la discussion des différens qui leur seront remis |:qu’après estre convenus
de la ligue garentie:| que l’on prétend sy justement de la part du Roy.