Acta Pacis Westphalicae II B 4 : Die französischen Korrespondenzen, Band 4: 1646 / Clivia Kelch-Rade und Anuschka Tischer unter Benutzung der Vroarbeiten von Kriemhild Goronzy und unter Mithilfe von Michael Rohrschneider
233. Memorandum Ludwigs XIV. für Longueville, d’Avaux und Servien Paris 1646 November 5
Paris 1646 November 5
Kopien: Ass. Nat. 272 fol. 523–533’ = Druckvorlage; AE , CP All. 78 fol. 274–281,
282–284’; Teilkopie: AE , CP All. 78 fol. 304’–305’
192–202.
Zu nr. 219. Schreiben Mazarins an Enghien. Artikel über die Eroberungen in den Spanischen Nieder-
landen . Französische Haltung gegenüber dem Papst. Friedensbereitschaft Frankreichs auf dem Kon-
greß begrüßt. Keine Verpflichtung Frankreichs zur Fortsetzung des Krieges zugunsten der Interessen
Portugals. Vorbereitung einer Depesche für Lanier. Tenor einer möglichen Unterredung mit den
portugiesischen Gesandten. Bemühungen bezüglich Portugals (Waffenstillstand; schwedische und fran-
zösische Truppenhilfe; Beilegung der Differenzen in Brasilien; Prinz Eduard). Abtretung von Cada-
qués angestrebt. Haltung Pauws. Garantie des Friedensvertrages notwendig. Trotz günstiger Lage
keine Erweiterung der französischen Forderungen. Restitutionen in Italien. Sicherung Casales vor
spanischem Zugriff. Befürwortung eines Vertrages zwischen Frankreich und Mantua. Lothringen-
frage . Problem der Verknüpfung der portugiesischen und lothringischen Belange. Überlegungen zur
italienischen Liga. Papst, Venedig und Toskana als Schiedsmänner möglich. Artikel über Restitution
der Barberini. Dank an Chigi. Anspruch Frankreichs auf Joux. Interessen Guises. Abtretung der
gesamten Spanischen Niederlande an Frankreich denkbar. Auswirkungen der Aufhebung der Bela-
gerung von Augsburg. Beeinflussung La Gardies. Ausführlichkeit der königlichen Memoranden.
La Reyne après avoir faict lire dans le conseil la dernière despesche desdits
Sieurs Plénipotentiaires du 24 e du passé, a ordonné la response qui ensuit à
plusieurs poinctz importans qu’elle contient.
Premièrement Messieurs les Plénipotentiaires sçauront qu’il y a plus de douze
ou quinze jours que monsieur le cardinal Mazarin a escrit à monsieur le duc
d’Anguien , non seullement affin qu’on fist quelqu’acte positif qui justiffia
nostre possession du Montcassel, mais que s’il y avoit quelques autres postes
ou ruinez ou rasez ou foibles, qui eussent néantmoins plusieurs deppendances
et fussent importans pour nous asseurer quelque estendue de pays, nous de-
vans demeurer par la paix, on s’en emparast sans deslay, et qu’on y fist des
réduitz pour y tenir quelque garnison en seureté à proportion de la capacité
des lieux. C’est pourquoi il sera bien à propos que dans l’article qui traictera
de la rétention des conquestes de Flandres Messieurs les Plénipotentiaires fas-
sent insérer ces motz „de chastellenies, prévostez et leurs deppendances“, et
peult-estre mesme seroit-il bon de nommer et spéciffier les chastellenies prin-
cipalles , comme Furne, Montcassel, Lilers etc.
Il y a beau champ de bien exaggérer et de faire valloir au Pape et à ses minis-
tres les bonnes intentions de Leurs Majestez envers Sa Sainteté, puisque dans
le tempz que la France a esté maltraictée à Rome, et qu’elle prétend encorre
avec entière justice plusieurs choses de Sa Sainteté, on luy porte plus de res-
pect et on a plus de confiance en ses ministres que ne leur en tesmoignent les
Espagnolz, à qui elle a jusqu’icy dispensé sy libérallement ses grâces, et s’est
déclarée en tous rencontres sy favorable pour eux, tout cela n’ayant pas em-
pesché qu’ilz n’ayent exclus le Nonce à Munster de la négociation de la paix
pour se jetter entre les bras des députtez de Hollande, et à la véritté s’il nous
estoit arrivé d’avoir tenu un procéder pareil, les gazettes ne seroient remplies
que d’invectives contre cette couronne, et la cour de Rome ne cesseroit de
faire des exclamations jusques au ciel de nous veoir prefférer des hérétiques
aux ministres du Saint-Siège.
Leurs Majestez ont eu grande joye d’apprendre que le désir que nous avons
faict parroistre de conclurre promptement la paix avec l’Espagne n’avoit pas
esté receu dans l’assemblée avec moins d’applaudissement qu’il y en eust lors-
que nos affaires avec l’Empereur furent ajustées, et ce n’a pas esté peu de
bonheur que l’on ayt creu jusqu’à présent que cette couronne avoit avertion à
la paix, parce que cette opinion a extrêmement contribué pour y faire songer
davantage nos ennemies et pour les faire résoudre à consentir à des choses
auxquelles ilz se fussent peut-estre sans cela rendus plus difficilles.
Militärische Lage.
La négligence et l’imprudence des Portugaiz est extrême et certainement il est
estrange de veoir avec quelle confiance ilz se promettent de devoir infaillible-
ment estre compris dans la paix, quoyqu’ilz n’ignorent pas que la dureté des
Espagnolz en ce qui les regarde est telle qu’ilz ont tousjours menacé de rom-
pre toutte négociation sy l’on y insistoit, et qu’ilz sçachent d’aillieurs qu’ au-
cun traicté n’oblige la France de la surmonter.
La révolution du royaume de Portugal estant arrivée sans que cette couronne
y ayt eu part, ilz n’ont pas plus de droict de prétendre qu’elle continue la
guerre pour leur intérest particulier qu’ilz en auroient eu de nous voulloir
faire rompre contre l’Espagne pour les soustenir, sy ce changement estoit ar-
rivé dans une plaine paix des deux couronnes.
C’est ce que Monsieur le Cardinal a commancé d’insinuer adroictement au
résident de Portugal qui est icy, et on travaille aussy à une despesche au sieur
Lanier
considérations sur tout ce qui peut arriver affin qu’il commance à y disposer
ledit roy, l’obligeant à mieux songer à ses affaires qu’il n’a faict jusqu’icy et à
se tenir prest pour tout évennement.
On songe à leur représenter qu’il y a trois ans entiers que nous pressons dans
l’assemblée avec toutte la challeur possible pour obtenir les sauf-conduitz de
Portugal et la faculté de traicter des intérestz de ce royaume-là, sans qu’aucun
malheur quelque grand qu’il ayt esté ny le péril mesme d’une totalle ruine où
les Espagnolz se voyent, ayt peu les obliger ny les Impériaux mesmes à nous
répondre seullement sur ce point qui n’estoit qu’un préliminaire, et les média-
teurs mesmes peuvent estre bons tesmoings que nous n’y avons rien obmis et
que jamais on n’y a sceu rien avancer.
Que nous sommes comme forcez par noz propres alliez aussy bien que par les
médiateurs et les ministres des autres princes sy différens à ne pas continuer la
guerre pour le seul intérest de Portugal.
Que la pluspart d’entr’eux nous ont desjà doucement menacez que comme
personne n’ignorre que la France n’est pas obligée à faire comprendre le Por-
tugal dans le traicté, sy elle voulloit empescher ou reculler la paix dont la
chrestienté a tant de besoing pour ce seul point-là, elle auroit à craindre elle-
mesme de se mettre de telles affaires sur les bras qu’en recevant des préjudices
irréparables, ledit roy ne pourroit en rien se prévalloir de ses assistances et de
sa bonne volonté.
Que les moyens de pouvoir soustenir la guerre commancent à nous manquer,
chacun en estant las et ce royaume espuisé d’argent.
Que le désir que toutte la France tesmoigne d’avoir du repos est sy grand qu’il
seroit à craindre de mettre touttes les affaires en confusion, sy elle s’ apperce-
voit qu’elle n’en peut jouir pour le seul respect du Portugal.
Que nous devons tenir pour indubitable que Messieurs les Estatz s’ accomode-
roient sans nous avec l’Espagne, dez que nous reffuserions de le faire pour
voulloir comprendre le Portugal dans la paix, lesdits Sieurs Estatz n’estans
pas obligez par noz traictez d’alliance de continuer la guerre pour ce regard,
de quoy ilz ne se sont laissez desjà que trop entendre.
Qu’il est extraordinairement à craindre que sy on ne conclud promptement la
paix, que le Turc fasse de telz progrez sur la chrestienté proffitant de la divi-
sion de ses princes que l’on ne se trouve plus après en estat de résister à une
puissance sy redoutable.
Que la France a aussy extrêmement à appréhender la révolution des affaires
d’Angleterre, l’establissement de la république qui s’y forme ne pouvant estre
que très pernicieux pour elle, et il importe de penser de bonne heure aux
remèdes pour prévenir ce mal.
Qu’un des plus puissans motifz que la France ayt euz pour faire la guerre
vigoureusement et avec tant de despense en Catalongne et à la mer contre les
Espagnolz a esté de donner lieu au roy de Portugal par des divertions sy
considérables de faire de grands progrez de son costé comm’il l’auroit peu
facillement, les ennemis ne luy ayant jamais opposé qu’une poignée de mau-
vaises trouppes, s’il eust voullu faire les effortz qu’il pouvoit et despenser à
propos dans des attacques vigoureuses les trésors qu’il a espargnez, et qu’il
sera forcé de consommer un jour avec plus de désavantage et moins de fruit
pour sa deffense, de sorte que jugeant de l’avenir par le passé, ce seroit bien en
vain que nous espérions qu’il tînt une autre conduicte, et tout le fais de la
guerre tomberoit infailliblement sur la France seulle, qui seroit aussy peut-
estre bientost réduitte aux termes d’une simple deffensive.
Et enfin qu’encore que touttes les raisons marquées cy-dessus tiennent l’esprit
de Leurs Majestez en grande perplexité, ne voyant pas d’un costé comme
s’empescher d’y donner les mains, et de l’autre comme pouvoir contanter la
passion qu’elles ont pour tous les intérestz de Portugal qui ne leur sont pas
moins à cœur que les leurs propres, néantmoins à quoy que Leursdites Majes-
tez puissent condescendre sur ce point pour le bien de la chrestienté et pour
ne se mettre pas sur les bras toutte l’Europpe sans que ledit roy de Portugal en
receust de l’avantage, jamais elles ne consentiront à ne pas l’assister la paix
estant conclue, et plustost que relascher la faculté qu’elles prétendent s’en
réserver, elles continueront la guerre jusques à ce qu’il leur reste un poulce de
terre à perdre, et Leursdites Majestez se promettent qu’elles auront moyen de
le faire sy vigoureusement que l’on fera bientost cognoistre aux Espagnolz
qu’il n’est pas sy aysé de conquérir un grand royaume comme celluy de Por-
tugal , gouverné par un roy aymé tendrement de ses sujectz et assisté par la
France et peut-estre encore par d’autres princes que l’on essayera de porter à
cela.
Messieurs les Plénipotentiaires pourront, s’ilz le jugent à propos, tenir à peu
près un semblable discours, mais plus diffusément aux ministres de Portugal
qui sont à Munster, en une ou plusieurs conférences, et s’estendre au delà de
la véritté sur les périlz que nous avons à courre, et exaggérer à un tel point le
peu de moyens que nous avons de continuer plus longtempz la guerre, qu’ilz
recognoissent que sy nous voullions nous y opiniastrer, nous pourrions bien-
tost nous mettre en estat d’estre moins capables d’assister le roy de Portugal
que nous ne le serons en concluant une paix avantageuse avec la liberté de le
secourir. Monsieur le Cardinal en a touché desjà quelque chose au résident
qui est icy, et le sieur Lanier ne sera pas longtempz sans recevoir la despesche
qu’on luy faict là-dessus, affin qu’il commance adroictement à en parler où il
est dans le mesme sens, et à la vérité il semble que nous devons en user de la
sorte, affin que les Portugaiz ne soient pas surpris et qu’ilz ne voyent fondre
sur eux touttes les forces d’Espagne avant qu’avoir sceu qu’elles le peuvent
faire.
Ce seroit un grand coup sy on pouvoit obtenir une année de trefve pour le
Portugal, c’est-à-dire une promesse aux médiateurs ou aux Hollandois de ne
faire durant ce tempz-là aucun acte d’hostillité contre ledit royaume, mais au
moins on devra tascher de l’avoir pour six mois du jour de la signature du
traicté général. Les Espagnolz n’y pourront pas faire grande difficulté sy la
paix se conclud dans l’hyver pour la raison qui a esté mandée, qu’aussy bien
la saison ne leur permettroit pas d’attacquer plustost ledit royaume. Cepen-
dant nous aurons le tempz de songer à facilliter audit roy les moyens de faire
passer dans son royaume un corps de cavallerie considérable et des chefz de
commandement dont ilz ont plus de besoing que d’autre chose. Et quoy que
puissent dire les députtez d’Hollande ou les médiateurs, que Pinnaranda jure
de grandz sermens qu’il n’a point d’ordre touchant le Portugal, nous sçavons
de très bon lieu non pas précisément les ordres qu’il peut avoir, mais qu’il a
pouvoir de traicter quelque chose là-dessus. C’est pourquoy on croid bien
que la moindre à laquelle il puisse consentir doibt estre une suspention d’une
année.
Ce seroit aussy un grand avantage sy nous pouvions ajuster que la couronne
de Suède y envoyast mil cavalliers bien montez, moyennant une somme d’ ar-
gent que le roy de Portugal fourniroit pour les avoir et pour les despenses de
leur traject, que ladite couronne de Suède entreprendroit avec ses vaisseaux.
Ce renfort, et mil chevaux de l’armée de monsieur le maréchal de Turenne
que nous pourrions luy faire avoir, seroit capable de donner dans ce païs-là
aux Espagnolz plus d’affaires qu’ilz ne se promettent d’y en trouver pour le
conquérir.
Mais sur touttes les choses il faut à quelque prix que ce soit accommoder le
différent des Portugaiz et de Messieurs les Estatz touchant le Brésil, et on en
parlera comme il faut au comte de Vidiguiera qui vient avec pouvoir et ins-
truction sur cette affaire. Dez qu’il sera arrivé par deça, touttes raisons persua-
dent que tenant bon sur le point de la liberté de Dom Edouard, la résolution
que les Espagnolz ont prise de conclurre promptement la paix les y faira
consentir. Il est pourtant remis à la prudence desdits Sieurs Plénipotentiaires
s’ilz ne peuvent faire mieux d’accepter son eslargissement avec la condition
qu’il n’ira point de quelque tempz en Portugal, mais non pas que la France
soit obligée de le guarentir.
Die Einnahme Léridas gäbe uns das Recht, diesen Ort für den Vertrag zu fordern,
aber es besteht geringe Aussicht auf eine Kapitulation.
Cependant ç’a esté avec beaucoup d’adresse que Messieurs les Plénipotentiai-
res ont mis sur le tapis la proposition de retenir Cadaquez par la paix, à quoy
on n’avoit pas songé à tempz, mais il sera nécessaire de la mieux spéciffier,
affin qu’il ne puisse y avoir de contestation, parce qu’en certain sens Roses se
peut dire estre plus prez de France que Cardaquez.
Il est certain que Pau et ceux qui comme luy désirent la paix en Hollande se
servent de l’avancement de nostre traicté avec Espagne pour presser le leur,
faisans appréhender à Messieurs les Estatz que s’ilz ne hastent leurs résolu-
tions et l’envoy des derniers ordres qu’ilz ont à leur donner, nous pourrions
bien conclurre sans eux.
Messieurs les Plénipotentiaires se ressouviendront de ce qui leur a souvent
esté mandé qu’il importe au dernier point d’ajuster en sorte avec lesdits Sieurs
Estatz la garentie du traicté qui se conclurra que nous ne courions pas risque
d’estre seulz à soustenir la guerre, au cas que les Espagnolz viennent à rompre
la paix ou la trefve, et ilz remarqueront que sy cela ne s’ajuste avant la signa-
ture de la paix aussy bien que ce qui regarde Cazal et l’exécution du traicté de
Quierasque touchant les différents des maisons de Savoye et de Mantoue, il y
aura peu à espérer après, et il est certain comm’il a esté mandé que les Espa-
gnolz , pour sortir promptement d’embarras, accorderont tout, et qu’on ob-
tiendra plus d’eux en une heure présentement que l’on ne feroit en un an sy la
paix est une fois signée.
Et il sera bien à propos de faire cognoistre aux députtez de Hollande et aux
médiateurs, que comme nous sommes avertis de touttes partz que le dessein
des Espagnolz est de sortir aujourd’huy d’affaires à quelque prix que ce soit
pour nous désunir s’ilz peuvent d’avec noz alliez et rebrouiller de nouveau à
la première occasion favorable qui s’en présentera pour eux, nous avons d’ au-
tant plus d’intérest de prendre touttes les précautions possibles pour empes-
cher l’effect de leur mauvaise intention. Et quand nous aurons bien imprimé
dans l’esprit d’un chacun cette véritté, touttes les dilligences que nous appor-
terons pour esvitter ce mal, ne pourront estre que plausibles et fort bien
receues.
Die in den Spanischen Niederlanden stehenden feindlichen Truppen belaufen sich
nur auf zwölf- bis dreizehntausend Kombattanten.
Cela et la foiblesse des ennemis en tous les autres endroictz où se faict la
guerre donnera beau champ à Messieurs les Plénipotentiaires de faire esclatter
la piété de Leurs Majestez et de faire remarquer dans toutte l’assemblée leur
modération et leur passion pour le repos de la chrestienté et que c’est une
merveille dont il y aura peu ou point d’exemples que ny la prise de Donkerke
qui est de la conséquence que tout le monde void, ny les conquestes de Piom-
bino et de Portolongone qui nous peuvent faire songer au royaume de Naples
dans les extrémitez où il est réduict, ny l’accident de la mort du prince d’ Es-
pagne qui peut causer des révolutions considérables dans tous les Estatz dudit
roy n’ayent non plus enorguilly [!] la France que sy tout cela n’estoit point
arrivé, qu’elle n’ayt point augmenté ses demandes et qu’elle ne prétende rien
de nouveau dans les affaires de Portugal, nonobstant l’intérest notable qu’elle
a de soustenir ledit roy dans la possession de son royaume. L’appréhention
qu’on pourra donner adroictement à nos parties, que nous ne demeurerions
pas tousjours dans les mesmes bornes, sy on nous chiccanne certains pointz
peu importans au respect de ceux qui sont desjà arrestez, ce ne sera pas une
raison peu forte pour les obliger à nous accorder promptement tout ce que
nous désirons principallement touchant Portolongone et Piombino, et peut-
estre mesme pour nous donner satisfaction touchant Lérida avant la fin du
siège.
Lesdits Sieurs Plénipotentiaires peuvent aussy faire extrêmement valloir la
restitution d’une place de la conséquence dont est Cazal pour le salut et la
conservation de laquelle on a respandu tant de sang, consommé tant de tré-
sors , et faict passer tant de fois des armées delà les montz, comm’aussy ce que
la France aura faict touchant les autres places de Montferrat et de tout le
Piémont que Leurs Majestez ont rendu ou rendront à la maison de Savoye,
quoyqu’il n’y ait personne qui ne soit très persuadé que ce seroit en vain
qu’on essayeroit d’obtenir des Espagnolz une chose pareille s’ilz s’en trou-
voient en possession et que leurs affaires fussent de tous costez dans la pros-
périté où sont les nostres, car alors il est sans doutte que tout au moins ilz
retiendroient soubz prétexte de protection les citadelles et les postes princi-
paux .
Et à la vérité ce à quoy la France condescend, ne doit pas estre considéré pour
une simple restitution qu’elle fait à des princes qui sont de son party et où les
Espagnolz ne proffittent rien, puisque chacun voit bien clairement le notable
intérest que ceux-cy ont d’esloigner les armes de cette couronne de l’Estat de
Milan et de veoir tous ces postes-là entre les mains des ducz de Savoye et de
Mantoue pour l’espérance qui leur restera tousjours de pouvoir s’en emparer
avec le tempz dans quelque bonne conjoncture.
De plus on laisse à juger sy les Espagnolz se trouvoient en possession desdits
places et qu’ilz eussent d’un costé autant de droictz légitimes qu’en a la
France sur plusieurs Estatz de la maison de Savoye et de l’autre un prétexte sy
plausible contre celle de Mantoue, que le traicté que fist la duchesse avec le
marquis de Leganez pour faire coupper la gorge à la garnison françoise de
Cazal et puis luy remettre la place
Im April 1640 hatten span. Truppen unter Leganés Casale belagert, waren jedoch von einem
frz. Entsatzheer geschlagen und zum Rückzug gezwungen worden. Im eroberten Feldlager fan-
den die Franzosen unter Leganés’ Papieren einen Vertrag, den er vor dem Angriff auf Casale
mit der Hg.in von Mantua geschlossen hatte ( Quazza , Storia S. 195).
ne se prévaudroient pas infailliblement de l’occasion de se vanger de celle-cy
et de se faire faire raison de l’autre.
Quand à la seureté de Cazal lesdits Sieurs Plénipotentiaires devront insister à
obtenir celles qui leur sembleront les plus grandes et les plus réelles que Sa
Majesté approuvera. Il semble que l’ouverture de la caution du Pape et de la
République n’est pas à mespriser, et outre cela ilz pourront practiquer l’ expé-
dient qui est dans leur instruction et les autres qui pourront leur tomber dans
la pensée.
Mais jusques à ce que nous voyons les mariages de monsieur le duc de Man-
toue et de la princesse sa sœur
lequel y acquérant plus de biens qu’il n’y en a, ce seroient tousjours des gages
plus grands de son attachement et de son affection, on ne pourra pas beau-
coup s’asseurer sur tout ce que dira ou promettra madame de Mantoue, ayant
assez faict cognoistre quel fondement on pouvoit faire sur ses parolles et de
quel costé panchoient ses inclinations.
Sa Majesté approuve la proposition que lesdits Sieurs Plénipotentiaires font
d’une traicté particulier de la France avec monsieur de Mantoue, par lequel il
s’engageroit, en recognoissance de ce qu’il doit à la couronne la conservation
de ses Estatz, de ne faire jamais ny mariage, ny traicté, ny eschange par lequel
la place de Cazal pust tomber en la puissance des Espagnolz.
Il faudroit seullement y adjouster qu’en cas de contravention il descherroit de
la possession de tous les biens qu’il a en France desquelz Sa Majesté dispose-
roit , et que les princes que nous aurions pour cautions joindroient leurs forces
à celles du Roy pour se vanger du manquement qu’on luy auroit fait, et pour
le faire réparer.
Et comme le ministre dudit duc à l’assemblée ne peut avoir ordre ny pouvoir
sur une chose semblable, il seroit bon de luy faire insinuer par le sieur Conta-
rini que nous pourrons prétendre cette seureté affin qu’il s’en fist venir le
pouvoir, et que ledit Contarini y agist luy-mesme efficacement, et que nous
pouvons luy demander avec d’autant plus de hardiesse que la Républicque y a
le mesme intérest que nous, et que la chose est avantageuse à la maison de
Mantoue, n’ayant rien à craindre de la France, qui luy remettra aujourd’huy
cette place, et tout à appréhender de l’Espagne qui a tesmoigné une passion sy
démesurée de s’en emparer.
Outre qu’à la vérité c’est une assez petitte récompense de tant de despenses
que cette couronne a faittes pour la protection de ce prince et une assez
grande modération de ne demander pour la remise de Cazal que de pouvoir
bien asseurer qu’il soit tousjours posseddé par celluy à qui elle l’a conservé.
On manda dernièrement par conjecture à Messieurs les Plénipotentiaires que
ce qui obligeoit les ministres d’Espagne à insister tousjours sur le point du
duc Charles, procédoit de la croyance qu’ilz ont que la France ne veut pas la
paix, et que nostre dessein pouvoit estre de leur faire déclarer qu’ilz abandon-
noient ce prince affin de le desgoutter, et qu’estant réduit à s’accommoder
avec nous à touttes conditions, nous peussions poursuivre après la guerre plus
vigoureusement.
Maintenant on a des avis de Bruxelles de très bon lieu que ç’a esté véritable-
ment la pensée du marquis de Castel Rodrigo et de ceux qui le conseillent, et
que sans cette appréhention il y auroit longtempz que nos parties auroient
lasché le mot, et qu’ilz auroient saccriffié les intérestz dudit duc en la forme
que nous pouvons souhaitter. C’est pourquoy il semble que Messieurs les Plé-
nipotentiaires doivent prendre occasion d’en parler aux députtez de Hollande
et leur tesmoigner qu’ilz voyent bien qu’aucune autre raison que celle-là
n’oblige les Espagnolz à avoir les scrupulles qu’ilz ont en cette affaire, mais
qu’absolument la France ne songe en aucune façon à proffitter du ressenti-
ment que ledit duc pourroit avoir contre eux, qu’elle veut sincèrement la paix,
et que pour marque de cela elle demeure d’accord que tout ce qui sera arresté
sur ce point demeure entre les mains dedits députtez, et que l’on ne l’ exé-
cuttera ny ne donnera à qui que ce soit la moindre cognoissance qu’après la
signature du traicté. Ce discours pourra peut-estre satisfaire les ministres
d’Espagne et produire un très bon effect.
Mais ce qu’il y a de plus important à ajuster sur ce point et à quoy Messieurs
les Plénipotentiaires doivent tendre, en cas que l’accommodement ne se
puisse faire suivant l’ouverture qu’ilz auront veu dans le dernier mémoire
qu’on leur a addressé pour les affaires de Lorraine , c’est de bien asseurer que
Leurs Majestez ne soient pas obligées après la paix à continuer la guerre
contre ledit duc, parce que quelque chose que les Espagnolz promettent là-
dessus il est infaillible qu’ilz l’assisteroient ou le fomenteroient soubz main
s’il n’estoit pourveu par le traicté à le faire désarmer.
Il faudroit doncques veoir s’il seroit practicable, les conditions du traicté es-
tant ajustées, de faire une suspention d’armes de deux mois que l’on employe-
roit de concert à forcer ledit duc de désarmer en quelqu’endroit qu’il se fust
retiré, et qu’avant qu’il eust effectivement mis les armes bas, on ne passeroit
point outre à l’exécution de la paix.
Au reste Sa Majesté a appris avec plaisir que lesdits Sieurs Plénipotentiaires
eussent trouvée sy bonne la pensée d’offrir de traicter avec le duc Charles et
de le contanter, moyennant que les Espagnolz se disposassent à en faire de
mesme envers le roy de Portugal, et qu’ilz fissent estat de s’en bien prévalloir
dans les rencontres.
Mais certes on n’a pas bien compris la force des inconveniéns qui les ont
empeschez d’en faire par la voye des médiateurs ou des Hollandois une pro-
position formelle qui sans doutte auroit bien satisfait le publicq.
Car touchant le premier qui consiste en l’induction qu’on eust peu tirer de
cette négociation des affaires de Lorraine, que la France ne prétend plus ex-
clurre ledit duc de ce traicté quoyqu’ell’ayt desjà comme gaigné ce point
envers les Impériaux et les Espagnolz, la conséquence en seroit fort irrégul-
lière puisqu’on ne peut jamais inférer qu’une chose proposée avec condition
doive estre faicte absolument et qu’on ne peut estre tenu à accorder simple-
ment ce que l’on n’a offert qu’en eschange de quelqu’autre chose aussy con-
sidérable .
En outre la déclaration que nous avons faicte de ne voulloir point traicter
avec le duc Charles n’est pas sy expresse et sy inviolable que l’on ne deust s’en
départir touttes fois et quantes que nous trouverions de plus grands avantages
à traicter avec luy. Car sans parler du Portugal il y a beaucoup d’autres choses
que sy on pouvoit les tirer des Espagnolz, non seullement on entreroit en
négociation avec ledit duc, mais on le remettroit volontiers en la pleine pos-
session de tous ses Estatz.
De plus il n’y a aucun doutte qu’il ne soit de grande réputation à cette cou-
ronne d’obliger l’Empereur et le roy d’Espagne à abandonner ledit duc dans
ce traicté, mais comme quelque promesse qu’ilz fassent là-dessus il sera tous-
jours bien à craindre, comme il est dict cy-dessus, qu’ilz ne luy donnent l’un
et l’autre touttes les assistances qu’ilz pourront, il seroit peut-estre bien plus
avantageux de l’y faire comprendre, moyennant que ce fût aux conditions
portées par le dernier mémoire, parce que tous les intérestz et les prétentions
de ce prince venans à estre vuidées par une paix sy solemnelle, nous n’aurions
pas à appréhender qu’il peust aysément à l’avenir nous troubler dans la pos-
session de la Lorraine.
Quant au second inconvénient que lesdits Sieurs Plénipotentiaires ont mar-
qué , que mettans en parallelle les intérestz de Lorraine et de Portugal, on ne
peust révocquer en doutte la liberté que nous nous sommes réservée d’assister
celluy-cy quand nous voudrons obliger le roy d’Espagne à n’assister pas l’ au-
tre , cela pourroit estre en quelque façon à appréhender sy nous n’avions pas
desjà obtenu du consentement de nos parties cette faculté de secourir le roy
de Portugal, ou qu’il deppendît des Espagnolz de nous donner aussy bien la
loy dans cette négociation que les avantages que nous avons remportez sur
eux par les armes, et l’extrême besoing qu’ilz ont de la paix les obligent à faire
la meilleure partie de ce que nous voulions pour nous y faire consentir.
Lesdits Sieurs Plénipotentiaires n’auront pas manqué de prendre garde que
dans le huictiesme article du dernier escrit donné par les députtez d’Hollande
de la part des Espagnolz faisant mention de la ligue d’Italie il est dit „pour
maintenir le présent traicté“ de sorte que ne restraignant pas ladite ligue à
l’Italie seulle, il y aura lieu d’obtenir ce que l’on escrivit dernièrement tou-
chant les seuretez de la paix, mais il faudra mieux explicquer ce point et le
bien stipuller, car certainement ce seroit un grand coup pour nous que de
pouvoir obliger les princes d’Italie à s’engager de rompre contre le roy d’ Es-
pagne et à joindre leurs armes à celles de cette couronne en cas qu’il vînt à
manquer à quelqu’une des choses promises par le traicté générallement par-
lant et sans restrinction aux affaires de leur province, et sur ce suject Sa Ma-
jesté recommande auxdits Sieurs Plénipotentiaires de faire grande refflexion
aux considérations qui leur ont esté mandées depuis peu touchant cette ligue
d’Italie .
La prospérité de nos affaires et les advantages que nous remporterons dans la
conclusion de la paix nous pourroient faire justement appréhender que quel-
ques arbitres que nous puissions choisir dans cette province-là pour accom-
moder les différens qui pourront s’y rencontrer dans l’exécution, ilz ne fus-
sent plus favorables à nos parties qu’à nous. Mais comme il ne sera question
que des affaires de l’Italie mesme où les Espagnolz sont sy puissans, et où ilz
ont sy souvent tenté de s’aggrandir par la ruine des uns et des autres, et que
d’aillieurs tous les princes ont peu recognoistre que l’intention de la France
n’a jamais esté autre que de s’y rendre autant considérable qu’il estoit néces-
saire pour les protéger et les garentir d’oppression, nous pouvons espérer que
comme peut-estre dans touttes les choses qui seront en contestation il se verra
que nous n’avons point d’autre but que celluy-là, ilz auront esgard en nous
favorisant de faire ce qui convient à eux-mesmes autant et plus qu’à nous.
Sa Majesté estime doncques, que les arbitres dont on debvra convenir peuvent
estre le Pape, la républicque de Venize, et le Grand-Duc, les deux premiers
ayans desjà esté médiateurs du traicté principal, on ne peut avec bienscéance
s’empescher de leur defférer ce nouvel honneur, et pour le Grand-Duc, outre
qu’il tesmoigne beaucoup d’affection pour cette couronne, et grande envie de
s’y attacher, il est à croire qu’il se tiendra fort obligé que la France ayt pris
cette confiance en luy, et tousjours elle servira à le rendre plus suspect aux
Espagnolz, et après tout, ce que nous posséderons prez de ses Estatz sans
doutte ne contribuera pas peu à luy faire au moins tenir la ballance droicte en
ce qui deppendra de luy.
Bien qu’on ne croye pas qu’il peust y avoir difficulté que messieurs les cardi-
naux Barberins et l’abbé leur nepveu
Gemeint ist offenbar einer der Söhne des Taddeo Barberini (s. [ nr. 185 Anm. 29 ] ).
paix ne rentrassent dans la jouissance de tous les biens, de quelque nature
qu’ilz puissent estre, qui leur ont esté saisis dans les Estatz du roy d’Espagne,
lesdits Sieurs Plénipotentiaires ne laisseront pas d’en faire insérer un article
bien exprez dans le traicté affin que la chose ne puisse estre révocquée en
doutte, estant outre l’intérest notable desdits sieurs Barberins de trop mau-
vaise conséquence pour ceux de Sa Majesté dans la cour de Rome, à l’esgard
des cardinaux qui pourroient à l’avenir se déclarer serviteurs da la France et
s’attacher à ce party.
Cependant lesdits Sieurs Plénipotentiaires pourront remercier le Nonce des
bons offices qu’il a rendus prez du Pape touchant les affaires de la maison
Barberine dont Sa Majesté luy sçayt beaucoup de gré, et le prier de les conti-
nuer pour les autres satisfactions que la France prétend de Sa Sainteté en jus-
tice dont nous avons tout suject de bien espérer.
Messieurs les Plénipotentiaires seront aussy informez que l’on se mesprit il y
a quelque tempz en ce qu’on leur manda du poste de Joux en la Franche-
Comté comme appartenant à la couronne de Suède, il est au Roy en la mesme
façon que Brissack ayant esté occuppé par le feu duc de Weymar. C’est pour-
quoy ilz l’adjousteront à l’estat des places conquises qu’on leur a envoyé , et
cependant on en a escrit au sieur d’Erlack par la dirrection duquel se conduit
celluy qui commande dans ledit poste
Kommandant von Joux war von der Grün (s. [ nr. 227 Anm. 10 ] ).
Monsieur le duc de Guise
Henri II de Lorraine, (seit 1640) 5. duc de Guise, prince de Joinville (1614–1664),
1629–1641 Ebf. von Reims. 1641 wurde er als Beteiligter an der Schlacht von La Marfée
wegen Verschwörung zum Tode verurteilt, 1643 begnadigt. Unter Berufung auf alte Erban-
sprüche rief er sich während des Aufstands von Neapel 1647 dort zum Kg. aus; 1648–1652
befand er sich in span. Gefangenschaft ( DBF XVII Sp. 329f.; NBG XXII Sp. 792–795).
concernans des intérestz qu’il a en Flandres contre la maison d’Arscot; Mes-
sieurs les Plénipotentiaires verront ce qu’ilz pourront avancer pour sa satis-
faction en concluant le traicté, Sa Majesté souhaittant luy procurer touttes
sortes d’advantages et à sa maison.
Pour conclusion Leurs Majestez jugent que la France se conduisant bien,
comme nous avons tout suject de nous le promettre, conservant le calme au
dedans, songeant de bonne heure à mettre à part des sommes considérables, et
tenant des trouppes en estat qui fassent veoir aux ennemis que nous ne sçau-
rions estre pris à l’impourveu dans une nouvelle guerre, engageant Messieurs
les Estatz à assister le roy de Portugal, le secourant nous-mesme[s], en sorte
que les Espagnolz s’apperçoivent que c’est un morceau qu’il ne leur sera pas
aysé d’engloutir, nous maintenant forts à la mer, travaillant incessam〈ment〉
à tout ce qui peut nous asseurer davantage la possession de la Catalogne, for-
tiffiant touttes les frontières de cette principauté-là, en sorte qu’il se voye que
nous ne songeons qu’à la tenir tousjours, ne conservans pas seullement noz
vieux amis et alliez, sans qu’il y ayt le moindre jour de jetter de la division
parmy nous, mais nous applicquans de bonne façon à en acquérir de nou-
veaux de tous costez, tout cela nous peut faire espérer avec grand fondement
que non seullement la paix que nous conclurrons présentement sera seure et
durable, mais que peut-estre les Espagnolz ne voyantz point d’autre moyen
de reconquérir le Portugal et rentrer dans la Catalongne, qui sont à leur es-
gard les parties les plus sensibles, et qui leur tiennent plus au cœur, ilz se
résoudront pour nous faire abandonner l’un et l’autre à nous céder le reste de
ce qu’ilz posseddent aux Pays-Bas, et alors, comme Messieurs les Plénipoten-
tiaires remarquent fort bien, aucune autre puissance ne seroit capable de faire
craindre ce royaume qui subsisteroit en toutte seureté de son propre poidz
sans avoir besoing de ses alliez. Aussy Leurs Majestez ont continuellement eu
cette visée, comme Messieurs les Plénipotentiaires sçavent, que l’on a souvent
essayé d’en introduire la négociation par divers moyens, et peut-estre que sans
la jallousie que les Hollandois ont conceue de se veoir un voisin aussy puis-
sant que la France, il y auroit eu lieu de faire réussir la chose en faisant bien
cognoistre aux Espagnolz qu’il n’y avoit plus lieu pour eux de sortir d’affaires
que par cette voye, parce que la crainte de perdre les Pays-Bas par la conti-
nuation de la guerre sans avoir la Catalongne ny le Portugal auroit efficace-
ment opéré sur eux, qui estoit un motif bien pressant dont on prétendoit se
servir pour les y induire.
La levée du siège d’Augsbourg a fourny une occasion en Flandres d’y faire de
grandes resjouissances pour amuser ces peuples-là avec des apparences dans
l’espoir que les affaires de la maison d’Austriche auront leur ressource, quand
effectivement elles empirent tous les jours, et ces bonnes gens sont sy gros-
siers et sy crédulles que souffrans des maux insupportables depuis sy long-
tempz ilz espèrent tousjours et adjoustent foy à tout ce qu’on veut leur faire
croire.
On s’est servy icy avec le comte de La Garde de l’accident d’Augsbourg, de la
diminution de l’infanterie dans les armées confœdérées et de la difficulté qu’il
y auroit peut-estre à bien asseurer nos quartiers d’hiver, dont nous avons esté
informez par un courrier de monsieur le maréchal de Turenne, pour luy im-
primer encores plus dans l’esprit qu’on n’avoit fait, combien il nous importe à
tous de sortir au plustost d’affaires puisqu’on le peut avec tant de gloire et
d’avantage; on a mesme exaggéré un peu le mauvais estat où nous nous trou-
vons ; tout a esté bien receu, et il a semblé qu’il eust honte que la paix n’eust
desjà esté terminée. Dieu a peut-estre permis que nos armes ayent trouvé de
l’obstacle pour haster davantage la paix, en ostant l’obstacle des grandes espé-
rances que la couronne de Suède avoit conceues qui en différoient la conclu-
sion .
Sa Majesté pourroit bien se contanter de donner ses ordres en peu de motz et
faire sçavoir succinctement ses sentimentz à Messieurs les Pénipotentiaires,
ainsy qu’il a tousjours esté accoustumé, mais comme la négociation qu’ilz ont
à conduire est la plus importante que l’on puisse jamais traicter, Sa Majesté
est bien ayse de les faire informer du destail des moindres choses, affin qu’ilz
ne manquent d’aucunes des lumières qui peuvent leur donner lieu d’avancer
son service et le bien de l’Estat.
1 Memoranden zu den Ansprüchen des duc de Guise gegen das Haus Arschot [fehlen]
Wahrscheinlich handelt es sich um zwei in Kopie anderweitig überlieferte Memoranden ( AE ,
CP All. 74 fol. 319’–320, o. D.; ebd. , fol. 320–325, 1646 November 5 und [6?]; zur Art der
Überlieferung siehe S. LXIX) über die Ansprüche des duc de Guise gegen das Haus Arschot in
Flandern: Diese Ansprüche gingen zurück auf eine Teilung von in Flandern und Frankreich
neu erworbenen Ländern zwischen Philippe II de Croy, duc d’Arschot (1496–1549), und sei-
nem jüngeren Bruder Charles de Croy, comte de Porcéan, im Jahre 1528. Da der comte de
Porcéan zu diesem Zeitpunkt minderjährig war, klagte er später gegen die Art der Aufteilung.
Henri II de Lorraine, duc de Guise erbte die Ansprüche über seine Großmutter, Catherine von
Kleve (um 1548–1633), die in erster Ehe kinderlos mit dem einzigen Sohn des comte de Por-
céan verheiratet gewesen war (vgl. Stammtafeln NF VI T. 98).