Acta Pacis Westphalicae II B 2 : Die französischen Korrespondenzen, Band 2: 1645 / Franz Bosbach unter Benutzung der Vorarbeiten von Kriemhild Goronzy und unter Mithilfe von Rita Bohlen
143. d’Avaux und Servien an Brienne Münster 1645 Juni 20

2

d’Avaux und Servien an Brienne


3
Münster 1645 Juni 20

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Ausfertigung: AE , CP All 55 fol. 52–71 = Druckvorlage; Eingang nach Dorsal fol. 71’: 1645
5
Juni 26 durch Héron. Duplikat für Mazarin: AE , CP All. 44 fol. 75–96’, datiert auf 17. Juni.
6
Kopien: AE , CP All. 51 fol. 534–543; BN F. fr. 17897 fol. 105–115.

7
Auslieferung der Proposition II; Einrichtung der französischen Proposition nach den letzten
8
Weisungen des Hofes; Beanstandung einiger Stellen der schwedischen Proposition; Zurückwei-
9
sung des schwedischen Vorwurfes eines Bruches der Vereinbarungen; Kritik der Mediatoren
10
und Wartenbergs an dem zu allgemein gehaltenen Inhalt der französischen Proposition.
11
Erklärung der Bereitschaft zu Verhandlungen mit Spanien; Stillstand dieser Verhandlungen
12
wegen des Ärgers Saavedras über die Berufung dreier ihm übergeordneter Gesandter, Schwie-
13
rigkeiten wegen des Wunsches der Spanier und Mediatoren nach einem Separatfrieden für die
14
italienischen Angelegenheiten. Zurückstellung des Waffenstillstandsprojektes bei Gesprächen
15
mit den Schweden; ihre Einwände gegen die Waffenruhe im Mittelmeer; Erkundigungen über
16
die schwedische Auffassung von der Einheit der Kriege mit Spanien und mit dem Reich durch
17
La Thuillerie in Stockholm; Information der schwedischen Gesandten über den Vorschlag einer
18
kurzfristigen Waffenruhe von seiten der Mediatoren; Ausweichen der schwedischen Gesandten
19
bei der Besprechung eines Friedensschlusses im Reich ohne Spanien. Geringe Bereitschaft der
20
bayerischen Gesandten zu einem Separatabkommen; Bemühungen der Reichsstände um einen
21
Friedensschluß ohne Rücksicht auf Spanien; Bemühungen um Wartenberg und um die
22
Beilegung der protokollarischen Streitigkeiten mit Brandenburg, Empfehlung der Bewilligung
23
der brandenburgischen Gesandtschaft nach Paris. Aushebungen; Pensionen für die Räte
24
Hessen-Kassels. Unklarheiten über die Stellung der reichsständischen Deputierten in Osna-
25
brück ; Bemühungen um den Aufenthalt einiger von ihnen in Münster. Verschiebung der
26
Behandlung der Baseler Klagen über das Reichskammergericht auf das Ende der Verhandlun-
27
gen . Mission Croissys bei Rákóczy: Eintreffen der Vertragsurkunden; Nachtrag zur Proposition;
28
Einwände Contarinis gegen die Ausstellung von Pässen für Rákóczy und gegen seine Einbezie-
29
hung in den Vertrag; Lob für das Verhandlungsergebnis Croissys: Einsparung von Subsidien,
30
Freiheit des Königs zum Friedensschluß, dagegen Bindung Rákóczys in Friedenssachen an die
31
Zustimmung Frankreichs, Vorteile für die katholische Religion; Drängen auf Erfüllung der
32
eingegangenen Verpflichtungen und auf Verehrungszahlungen; Verfahren der Ratifikation und
33
der Subsidienzahlungen; Drängen der schwedischen Gesandten auf die Einhaltung ihrer
34
Verpflichtungen gegenüber Rákóczy. Abstimmung mit Turenne. Vorhaltungen bei Chigi wegen
35
der spanischfreundlichen Haltung des Papstes, wegen der letzten Kardinalspromotion, der
36
Behandlung der portugiesischen und katalanischen Angelegenheiten und wegen der Affaire
37
Beaupuis. Klagen bei Contarini und Chigi wegen der Gerüchte über die mangelnde französi-
38
sche Friedensbereitschaft. Beilage.

39
Enfin nous avons dellivré nostre proposition en la forme que vous verrés
40
par la copie cy-enclose. Vous la trouverés redressée tout au plus prez des
41
intentions de la cour portées par voz dernières despêches et notamment par
42
les remarques contenues en un mémoire à part, sur chaque article duquel
43
nous avons mis noz responses séparément de cette lettre, affin d’en esviter
44
la trop grande longueur et vous donner moyen de le conférer plus
45
facilement les unes avec les autres.

[p. 452] [scan. 500]


1
Nous vous envoyons aussy la copie de celle de messieurs les Suédois |:qui
2
nous ont bien à la vérité donné

38
2 mi-contentement] falsch dechiffriert: mécontentement.
mi-contentement d’en oster ce huictiesme
3
article tant contesté avec eux comme nous semblant tropt partial pour leur
4
religion et désadvantageux pour la nostre:|, mais nous continuons de
5
recognestre que |:s’ilz se déportent en quelque façon des apparences ilz ont
6
tousjours leur visée au fondz de faire tout ce qu’ilz pourront pour leurdicte
7
religion et pour les Calvinistes:|. Nous avons satisfait à ce que vous nous
8
avés mandé estre à propos d’en |:advertir monsieur de La Thuillerie affin
9
qu’estant proche du lieu où se prennent les résolutions, il tasche de faire en
10
sorte qu’elles viennent par deçà plus tempérées:|. Et pour le bien esclaircir
11
nous luy avons envoyé l’extrait de la despêche que nous vous fismes le 13
12
de l’autre mois

41
nr. 101.
|:où tout le desmeslé qu’il y eust sur ce subject a esté
13
amplement desduict:|. Nous avons dans cette copie |:des Suédois rayé les
14
endroictz où ilz ont faict du changement au contraire de ce qui avoit esté
15
convenu entre nous ou bien qu’ilz n’ont pas changez selon qu’ilz le nous
16
avoient promis et quand il [!] nous ont faict faire par leur résident les
17
plainctes contenues dans la lettre de monsieur de Rorté dont nous vous
18
envoyons le double, nous luy avons faict connoistre que s’il y a du reproche
19
de manquement à faire, il doit plustost tomber sur eux que non pas sur
20
nous autres qu’ilz ne sauroient taxer avec raison d’avoir contrevenu au
21
concert de proposition puisqu’en effect elle ne leur a point esté comuniquée
22
en sa dernière forme sinon lorsque monsieur de Saint Romain la leur porta
23
l’autre jour, ce qui fust:| après que nous eusmes receu voz despêches à
24
quoy nous nous estions tousjours remis |:leur ayant mesme dit lorsqu’ilz
25
furent dernièrement icy que le project qu’ilz nous demandoient de nostre
26
proposition seroit inparfaict comme subject à changement:| selon les ordres
27
qui nous pourroient venir de la cour, de quoy ils se contentèrent. Nous
28
|:taschons néantmoins de vuider

39
28 ce desmeslé] so im Duplikat für Mazarin; in der Druckvorlage fehlerhafte Chiffrierung.
ce desmeslé le plus doucement que faire se
29
peut sans y laisser du nostre, afin qu’il ne paroisse pas de division et comme
30
nous voyons qu’ilz prennent occasion de temps en temps d’empiéter un peu
31
beaucoup, nous avons prié monsieur de Rorté de leur faire comprendre
32
civilement et avec sincérité en usant des mesmes termes par les despêches
33
de la cour que comme la France ne manquera jamais à ce qu’elle doit pour
34
la punctuelle et fidelle observation

40
34 de] nicht dechiffriert.
de l’alliance l’on est aussy asseuré que la
35
couronne de Suède en fera de mesme et qu’il leur inporte pour le moins
36
autant qu’à nous de conserver cette union:|. Nous nous sommes tenus
37
obligés de vous représenter |:d’abord cette contestation puisque ces mes-

[p. 453] [scan. 501]


1
sieurs :| l’ont fait naistre au mesme temps que nous donnions comme tout
2
d’une main noz propositions lesquels nous vous pouvons dire en vérité
3
avoir beaucoup resjouy toute l’assemblée puisque c’est ouvrir la voye pour
4
entrer tout de bon dans la négotiation réelle de la paix.

5
|:L’on ne laisse pas d’y trouver encor à redire que la nostre soit tropt
6
généralle et:| c’est en cette façon que nous en ont parlé |:messieurs les
7
médiateurs, l’évesque d’Osnabrug et autres qui:| cognoissent l’humeur des
8
Allemandz avec lesquels plus l’on s’ouvre et plus ils croyent que l’on va
9
rondement, au lieu que les moindres apparences de réserve les tiennent
10
dans de continuelles deffiances. Ils ont aussy une autre considération que
11
nous ne pouvons pas improuver, c’est que les ministres de l’Empereur aians
12
à communiquer toutes choses à la cour de Vienne et que la mesme cour fait
13
d’ordinaire le semblable avec d’autres princes, il arrive que quand on ne
14
leur dit pas tout à la fois, il faut qu’en leur faisant nouvelles ouvertures ils
15
ayent recours à nouvelles consultations, ce qui peut apporter de grandes
16
longueurs dans la négotiation. |:Monsieur l’ambassadeur de Venise nous
17
disoit d’assés bonne grâce la dernière fois qu’il nous a veuz que:| en parlant
18
principalement sur le point de la satisfaction des couronnes que les affaires
19
du Roy sont en tel estat que Sa Majesté pourroit nettement et sans
20
marchander dire ce qu’elle peut demander. Nostre sentiment est aussy qu’il
21
luy sera tousjours avantageux de parler largement aux Allemans, et il est
22
certain que les Impériaux en ne s’offençant pas des choses qui leur sont
23
désagréables dans nostre proposition, trouvent plustost à redire de quoy
24
nous ne nous esclaircissons pas assés. Nous attendrons ce qu’ils nous feront
25
dire de plus après avoir délibéré entre eux. |:Nous ne faisons pas ce discours
26
pour censurer ce que nous-mesmes avons

42
26 fait] nicht dechiffriert.
fait ny croyant qu’on eust deub
27
parler plus ouvertement du premier coup mais pour vous faire connoistre
28
qu’il est très nécessaire que nous expliquions plus clairement lorsqu’on
29
nous en pressera:|.

30
Pour venir maintenant à respondre particulièrement sur quelques articles
31
du grand mémoire et de voz lettres qui ont beaucoup de rapport et de
32
connexité de matières et les autres pointz dont nous ne ferons point de
33
mention

43
33 demeureront] im Duplikat für Mazarin: demeurans.
demeureront par-devers nous, ou comme esclaircissemens ou pour
34
choses à quoy nous satisferons, nous vous dirons Monsieur, qu’en délivrant
35
nostre proposition à messieurs les médiateurs nous leur déclarasmes que
36
nostre intention estoit de continuer en mesme temps la négotiation avec les
37
Espagnolz. |:Nous avons descouvert que son interruption a proceddé du
38
mescontentement de Faxardo de ce qu’on met trois plénipotentiaires
39
au-dessus de luy dont l’un qui ne sera pas de ceux qui auront le moins de
40
crédit est icy depuis dix ou douze jours, c’est:| l’archevesque dénommé de
41
Cambray que nous n’avons pas encores veu, d’autant qu’il se tient jusques

[p. 454] [scan. 502]


1
icy incogneu dans le couvent de récoletz de l’ordre desquelz il est

39
Joseph de Bergaigne war nach den Angaben Ogiers (S. 122) am 6. Juni, nach einem Vermerk
40
Volmars ( APW III C 2 S. 369) vermutlich aber erst am 8. Juni 1645 in Münster
41
eingetroffen.
. |:Ledict
2
Faxardo s’est voulu excuser de son silence sur ce que nous aurions dit ne
3
pouvoir rien faire sans les Hollandois:|, à quoy nous avons respondu que
4
cette excuse ne vaut rien, puisque sur l’ouverture qu’en avoit [!] faitte
5
|:messieurs les médiateurs:| nous avions consenti il y a quelque temps de
6
parler |:et de traicter des affaires d’Italie:| pour ne pas perdre le temps qu’il
7
faut employer à |:attendre Messieurs les Estatz, mais encore que lesdictz
8
médiateurs eussent bien souhaitté qu’elles eussent esté terminées par
9
préférence comme prenant plus de part qu’à toutes les autres ilz font
10
semblant d’approuver la deffaicte des Espagnolz qui ne les veullent point
11
entamer qu’à condition de

37
11 le] im Duplikat für Mazarin: les.
le décider par à bout et en faire un traicté
12
particulier:|. Ce que nous avons estimé |:d’une dangereuse introduction:| et
13
avons représenté qu’il |:suffisoit de contenir des résolutions qu’on y
14
voudroit prendre de part et d’autre pour en former un chapitre du traicté
15
général:|.

16
Nous suivrons l’ordre qui nous est donné de |:ne parler point de trêve aux
17
Suédois et de faire connoistre que nous voulons la paix:|. Aussy est-ce de la
18
sorte que nous nous en sommes tousjours laissés entendre avec eux, et il y a
19
lieu de croire qu’ils n’en ont pas pris |:plus de jalousie que du traicté
20
d’alliance mesme qui a fort exactement réglé tout:| ce qu’il faudroit faire de
21
part et d’autre en ce cas-là. Lorsque |:monsieur de Saint Romain fust a
22
Osnabruk

42
Vgl. dazu den Bericht Saint Romains in nr. 139.
il leur:| communiqua ce dont |:nous l’avions chargé touchant la
23
suspention d’armes en la mer Méditerranée sur quoy:| ilz représentèrent
24
seulement qu’à |:la vérité cella estoit esloigné d’eulx,:| que néantmoins
25
|:monsieur Tortenson estant fort avancé dans les terres héréditaires qui ont
26
communication avec l’Italie:| il seroit à craindre que |:les gens de guerre qui
27
sont sur les vaisseaux espagnolz fussent envoyez au secours de l’ Empe-
28
reur :|. Il semble que cette appréhension soit tirée um peu de loing |:et que
29
ce soit plustost un effect de leur humeur qui répugne d’ordinaire à tous
30
traictez particuliers:| par l’impression où ils sont qu’ils préjudicient tous-
31
jours |:au général:|. Mais ils n’ont point |:contrarié à cette suspention
32
d’armes comme en effect:| ils n’en auroient pas de droit |:et les voilà adverti
33
à temps que si elle se faict ilz n’y auront rien à redire:|.

34
Nous avions aussy chargé |:ledict sieur de Saint Romain de tascher à

38
34 les] so im Duplikat für Mazarin; in der Druckvorlage: le.
les
35
faire venir sur le propos par eux cy-devant tenu que le Roy peut conclurre
36
la paix avec Espagne sans leur consentement:|, mais il n’en a pas eu

[p. 455] [scan. 503]


1
l’occasion. Nous en avons |:escrit à monsieur de La Thuillerie en luy
2
envoyant aussy:| l’extrait de nostre susdicte despêche du 13 e may où il en
3
estoit fait mention, affin |:qu’il essaye d’y amener doucement le chancelier
4
Oxestiern et comme:| il est judicieux et adroit, nous nous sommes
5
expliqués avec luy sur les fins de cette enqueste, qu’il seroit beaucoup plus à
6
désirer que |:les Suédois déclarassent que nous ne pouvons traicter avec
7
Espagne sans leur consentement, puisque ce seroit recognoistre qu’ilz ne
8
peuvent aussy faire paix ou trêve avec l’Empereur que nous n’en eussions
9
faict autant avec les Espagnolz:|. Que si |:le chancelier Oxenstiern ne
10
demeure pas d’accord de cette liaison d’affaires qui est néantmoins fondée
11
sur les traictez d’alliance:| il est très raisonnable que nous ayons les mains
12
libres |:pour toutes sortes de négotiations avec l’Espagne et que |:ce sera en
13
ce cas qu’on sera bien aise |:à la cour à faute de mieux et:| sans nous
14
départir de |:la conexité de la cause:| de sçavoir au moins que |:la couronne
15
de Suède ne prétend pas que nous ne puissions traicter sans elle avec les
16
Espagnolz. Qu’il pourroit arriver telle conjoncture que l’on se prévaudroit
17
de cette déclaration pourveu que pour l’obtenir nous esvitions de nous
18
engager à une pareille de nostre part et de convenir que l’accomodement
19
des deux couronnes avec l’Empereur se puisse séparer de celluy de France
20
avec Espagne:|. Nous avons donné |:part à messieurs les ambassadeurs de
21
Suède de la proposition que nous ont faicte messieurs les médiateurs d’une
22
autre suspension d’armes généralle pour quatre ou six mois chacun demeu-
23
rant en l’estat où il se trouvera lors de sa conclusion. Laquelle seroit
24
subordinée au traicté de la paix dont la négotiation pourroit estre interrom-
25
pue ou rendue plus difficille par les divers incidens qui sont à craindre du
26
différend sort des armes:|. Si leur response nous vient avant la closture de
27
cette lettre, nous vous en donnerons advis. La nostre fut |:aux médiateurs
28
que nous en informerions la cour, mais:| que nous avions tousjours recognu
29
les sentimens de la Reyne et de son conseil |:esloignés de semblables
30
traictez que l’on croit plustost capables de retarder que d’avancer le
31
traicté:|. Le |:point qui concerne la paix avec l’Empire sans les Espagnolz
32
nous faict aussy beaucoup de peine:| estant entièrement dans les sentimens
33
de la cour qui nous ont esté mandés sur ce sujet. |:Les ministres de Suède:|
34
ne s’en sont pas expliqués bien ouvertement |:et toutes les fois qu’on leur
35
en a parlé:| ils ont évité cella comme un escueil en se tenant au large, qu’il
36
faudroit voir ce que l’on auroit à faire |:pendant la négotiation:|, ce qui
37
nous fait croire que |:comme nous avons intention de les faire parler sans
38
nous engager ilz peuvent avoir la mesme pensée de leur costé:|. Car nous
39
estimons que s’ils nous voyoient |:sur le point de sortir d’affaires avec les
40
Espagnolz avant que celles de l’Empire fussent terminées, ilz seroient les
41
premiers à s’i opposer:| jugeans bien le préjudice qu’ils en recevroient
42
|:quelque semblant qu’ilz fissent du contraire:|. Il faudra aussy voir si
43
|:monsieur de La Thuillerie en pourra tirer davantage du chancelier
44
Oxenstiern:| selon ce que nous luy en avons escrit.

[p. 456] [scan. 504]


1
|:Pour ce qui est du duc de Bavière:| nous sommes bien d’accord que |:si
2
l’on pouvoit le détacher de l’Empereur du consentement de noz alliez et
3
avec de bonnes seuretez:| cella seroit fort avantageux, |:mais ses depputtez
4
nous ayans veus diverses fois:| ne nous ont tenu aucun discours qui tendist
5
à rien de semblable et se contentent de |:nous presser tousjours vivement et
6
constament de faire la paix. Au contraire:| dans les occasions de nous voir
7
l’un et l’autre |:ilz nous ont dict ne savoir point ce que leur maistre a faict
8
proposer en cour:| et ainsy c’est un tesmoignage évident qu’ils n’ont
9
|:aucun ordre que pour agir en l’affaire principalle qui se traicte icy:|. Nous
10
voyons que l’on est très bien averti |:à la cour de la disposition des princes
11
d’Allemagne et particulièrement du susdict duc de Bavières qu’ilz pressent
12
la conclusion de la paix:| sans avoir aucun esgard aux |:intérestz d’Espagne.
13
Nous essayerons de proffitter:| comme il nous est prescrit. Mais cella ne se
14
pouvant faire sans quelque |:démonstration de vouloir traicter sans les
15
Espagnolz:| nous espérons que |:vous n’en prendrés pas vous-mesmes
16
l’alarme, parce que:| nous n’avons intention que de suivre punctuellement
17
les ordres ausquels quand nous serions en liberté d’opiner nos sentimens
18
seroient entièrement conformes. |:Quant à l’évesque d’Osnabruk:| nous y
19
ferons tout ce que nous pourrons. Nous avons |:cognoissance de ses deux
20
adjoincts qui véritablement sont personnes de mérite et qui sont fort bien
21
avec ledit évesque:|. Nous essayerons de |:nous les concilier par tous
22
moyens possibles:| ne douttans point que ceux qui nous pourront venir de
23
la cour ne nous soient fournis. |:Nous penserons aux expédiens de sortir
24
doucement et néantmoins avec conservation de la dignité du Roy de la
25
formalité qui s’est esmeue entre l’ambassadeur de Brandebourg et nous:|,
26
ce que nous estimons se pouvoir faciliter à la venue de monsieur le duc de
27
Longueville si ce n’est que plus tost encores ils ayent response de leur
28
maistre sur ce que nous sçavons qu’ilz ont despêché vers luy en exprès.
29
|:Nous esquiverons leur prétention que ses ambassadeurs se couvrent
30
devant le Roy:| en quoy nous prévoyons bien que nous aurions de la peine
31
s’il falloit souffrir qu’elle tombast en la convention où ils ont voulu la
32
mettre et que nous avons rejettée. En faisant réflection sur ce qu’il vous a
33
pleu nous communiquer de |:la proposition qui vous a esté faicte par le
34
sieur de Wicquefort il nous semble peu aucthorisé pour une telle affaire et
35
croyons qu’il n’y aura point d’inconvénient de laisser venir le gentilhomme
36
que l’eslecteur de Brandebourg veut envoier à la cour:|. Après avoir veu son
37
pouvoir et l’avoir escouté vous jugerés bien quel en peut estre le fondement
38
et les véritables intentions de son maistre, car nous doutons um peu que
39
nonobstant |:le discours dudict Wicquefort ce prince veuille entrer en
40
guerre contre l’Empereur conjoinctement avec nous:|, mais qu’il taschera
41
seulement d’estre favorisé |:dans ses intérests de Clèves et Julliers qui est
42
une affaire où vous remarquerez:| s’il vous plaist |:qu’il y a du Calvinisme et
43
que le prince d’Orenge aussy bien que madame la langrave de Hesse y
44
doivent avoir bonne part:|. Après vous avoir |:parlé de l’eslecteur de

[p. 457] [scan. 505]


1
Brandebourg:| nous vous dirons que la sauvegarde pour |:son ambassadeur
2
le comte de Witgensteil:| ne s’est pas trouvée dans vostre paquet comme
3
vous nous mandiés qu’elle seroit.

4
|:Nous ne reparlerons point icy des levées en ayant escrit assés:| par noz
5
précédentes. Il est bien vray que |:nous avons eu lettre de change de vingt
6
mil risdalles, mais ce n’est pas à peu près ce qu’il faudroit pour deux mil
7
hommes de pied et mil chevaux:|. Pour l’argent remis à monsieur le
8
mareschal de Turenne nous le tenons fait très à propos ayans sceu que
9
plusieurs soldatz de l’armée du Roy dispersés s’y sont réunis. Monsieur de
10
Beauregard ne nous tesmoigne pas estre |:plus avancé avec le comte de
11
Nassau

43
Ludwig Heinrich Gf. von Nassau-Dillenburg (1594–1662) ( ADB XIX S. 566f. ).
duquel il nous recomande extrêmement de mesnager avec secret le
12
nom et le dessein affin que les Inpériaux ne luy facent pas niche:|. Nous
13
espérons néantmoins que l’entremise de madame la Langrave aidera à la
14
conclusion de l’affaire, cette princesse y monstrant affection autant cro-
15
yons -nous en vérité pour l’intérest du service du Roy que pour le sien
16
propre. Ne doutés pas s’il vous plaist que |:ses ministres ne reçoivent de
17
nous toutes bonnes parolles et nous adjousterons librement qu’ilz méritent
18
aussy de bons effectz par le payement de leurs pensions, dont ilz n’ont
19
encores rien touché depuis la régence quoy qu’on leur ait faict espérer
20
plusieurs fois:|. Cette libéralité de la Reyne seroit bien employée et nous
21
tascherions de la faire valoir spécialement |:à ceux qui sont icy et à
22
Osnabruk afin de ménager un peu:| leurs espritz que nous voyons bien
23
estre |:fort agissans dans ces matières de religion et de grande créance:|
24
parmy tous les députés d’Allemagne. Nous ne sçavons pas bien encores ce
25
qui se passe à |:Osnabruk entre lesdictz députtéz et ceux de la diette de
26
Franfort:| nous ayant esté dit seulement qu’il |:comance à s’i faire bruit sur
27
ce que les commissaires Inpériaux:| ont parlé ainsy qu’ils n’ont garde de
28
manquer |:pour ceux de la diette. Nous verrons de nous prévalloir de cette
29
occasion et si elle pouvoit attirer icy les uns et les autres, ce nous seroit un
30
moyen de leur parler à tous selon que les intérestz de nostre religion nous
31
le permettoient envers les uns et ceux d’Estat au regard des autres, dessein
32
qui doit estre ménagé bien délicatement pour ne point mettre en deffiance
33
ceux qui nous sont acquis aucunement et que nous devons tascher de nous
34
concilier encores davantage afin que les Suédois ne les ayent pas tout à faict
35
pour eux et:| aussy parce qu’il y a grande |:circonspection à tenir avec les
36
autres:| qui sont notoirement |:affidez et dépendans de la maison d’ Austri-
37
che :|.

38
La plainte de ceux du canton de Basle dont il vous a pieu nous escrire et
39
nous demander nostre advis nous avoit desjà esté représentée par monsieur
40
de Caumartin en ses lettres du 11 e de may, sur quoy nous luy respondismes
41
le 2 e de ce mois que ce que nous en pourrions dire icy présentement
42
n’arresteroit pas le cours de l’exécution desjà commencée dans Strasbourg,

[p. 458] [scan. 506]


1
mais pour ce qui est de l’intérest qu’y prennent messieurs des Ligues affin
2
que telles entreprises de la chambre impériale ne se facent plus au préjudice
3
de leur souveraineté, quand ilz auroient fait cognestre à la cour les raisons
4
de leurs plaintes, et qu’ensuitte nous recevrions les ordres d’en parler icy,
5
nous le ferions avec toute l’énergie qui nous seroit possible. Ce que nous
6
entendons devoir estre remis comme toutes affaires et différens particuliers
7
vers la fin de l’assemblée, comme c’est la coustume dans toutes les
8
négotiations de paix, autrement ce seroit nous jetter tous tant que nous
9
sommes icy dans une confusion et abysme d’affaires privées sur lesquelles
10
les générales des princes ont droit de préférence.

11
Vous jugerés Monsieur que nous remettons bien loing à vous |:parler d’une
12
expédition que nous avons receue de monsieur de Croisy et que son
13
importance méritoit bien de faire un des premiers articles de cette lettre:|
14
mais nous avons creu devoir satisfaire à peu près à tous les pointz des
15
mémoires de la cour et de voz despêches dont la dernière du 3 e

43
Brienne an d’Avaux und Servien, Paris 1645 Juni 3 (vgl. S. 378 Anm 1).
n’exige à
16
nous qu’un très humble remerciement pour le soin que vous avés pris de
17
nous représenter le bon estat des armes du Roy de tous costez. Nous vous
18
dirons |:que vingt-quatre heures avoir délivré nostre proposition

42
18 arriva] falsch dechiffriert: arrivée.
arriva un
19
exprès de la part dudict sieur de Croisy portant la conclusion de son traitté
20
avec le prince de Transsilvanie:| compris aux deux originaux que vous
21
trouverés cy-jointz avec les despêches qui sont pour vous. L’incertitude où
22
nous estions de ce qui se seroit fait avec ce prince en suitte des divers advis
23
venans de toutes partz qu’il s’estoit accommodé avec l’Empereur jusques-là
24
que le palatin de Hongrie en avoit fait des festins et feux de joye, nous
25
avoient retenus de le nommer dans le 14 e article de nostre proposition,
26
comme messieurs les ambassadeurs de Suède ont fait dans la leur et nous
27
avoient conviés de faire le mesme. Mais lorsque nous eusmes veu une si
28
bonne preuve du contraire nous envoyasmes aussytost à messieurs les
29
médiateurs un escrit tel que vous le verrés au bout de nostre proposition.
30
Cecy comme vous le pouvés bien penser n’a pas pieu aux Impériaux qui
31
taschent de donner à entendre à toute l’assemblée que cella tirera la
32
négotiation en de grandes longueurs, aucuns ayans adjousté qu’il n’estoit
33
point question icy des affaires de Hongrie, estant un royaume hors de
34
l’Empire avec lequel il n’a rien de commun. Il leur a esté reparty que la
35
guerre que fait le prince de Transsilvanie est aussy bien que la nostre contre
36
l’Empereur et qu’estant allié des deux couronnes ses intérestz doivent estre
37
traittés conjointement, et de plus que les forces que l’on a envoyées contre
38
ledict prince ont esté tirées hors de l’Empire sous des chefs impériaux.
39
|:Mais monsieur Contarini nous en vint il y a deux jours parler plus
40
formellement en nous priant au moins que nous ne pressions point pour le
41
passeport se fondant sur ce que les Suédois ne l’ont point demandé. Il nous

[p. 459] [scan. 507]


1
fist connoistre qu’on ne fera pas tant de difficulté de luy accorder quelque
2
satisfaction par l’entremise des deux couronnes que:| de permettre qu’il
3
envoye icy, et qu’il soit compris dans

38
3 un] so im Duplikat für Mazarin; fehlt in der Druckvorlage.
un mesme traitté. Ses raisons ne nous
4
dissuadent point, et comme nous avons veu que l’obmission des ambassa-
5
deurs de Suède estoit employée contre nous nous escrivismes aussytost à
6
monsieur le baron de Rorté pour les prier de faire pareille instance de leur
7
costé. Nous attendons sur cella de leurs nouvelles. Pour revenir à la
8
négotiation de monsieur de Croissy, nous croyons que la cour trouvera
9
qu’il s’est bien acquitté de sa commission en toutes ses parties, sa conduitte
10
ayant esté très exacte et judicieuse, ce qui se void par la simple lecture du
11
traitté où il n’y a rien d’obmis soit pour la dignité du Roy, soit pour les
12
avantages de la France ou pour la conservation de nostre religion, après
13
quoy |:le mesnage de la bource de Sa Majesté n’est pas un des moindres à
14
considérer l’ayant espargné de telle sorte:| qu’il n’est pas allé seulement
15
jusques où il avoit le pouvoir. Ce qui est d’autant plus à considérer que
16
|:l’un de nous ayant autrefois eu comission pour un pareil traitté avec ce
17
prince:| auroit alors pensé |:beaucoup faire d’en venir à bout pour deux
18
cens mille risdalles par an selon l’ordre qu’il en avoit de la cour

39
In den Jahren 1635–1639 war d’Avaux mit der Führung von Verhandlungen mit Rákóczy
40
betraut ( Hudita S. 34–58).
:|. Nous
19
trouvons |:deux moiens principallement dignes de remarque, l’un qu’il ait
20
emporté l’article:| qui nous avoit tant esté recommandé que le Roy ne fust
21
pas obligé à ne point faire la paix sans le consentement du prince de
22
Transilvanie

41
Artikel 6 des Vertrages von Munkács verbot Frankreich lediglich einen Friedensschluß sans
42
le sceu et l’avis et au préjudice Rákóczys ( Hudita S. 112).
, ce que:| nous avions creu fort difficile à obtenir |:et cepen-
23
dant il se voit qu’il l’a faict passer:| avec une grande et manifeste disparité
24
|:en ce qu’il ne peut conclurre ny paix ny trêve sans le consentement et
25
volonté du Roy au lieu que Sa Majesté n’est tenue qu’à l’en advertir et
26
prendre son advis:|. L’autre va à la satisfaction de la Reyne, non seulement
27
en ce qui est porté par l’article concernant nostre religion, mais de plus en
28
ce que tous les catholiques de ce pays-là bénissent Sa Majesté pour
29
l’honneur qu’ils ont de servir Dieu sous sa protection ayans eux-mesmes
30
pressé ledit sieur de Croissy de se contenter de ce qu’il avoit obtenu pour
31
eux, et de ne point rompre pour cella. Nous luy avons donné advis qu’il
32
seroit |:bon qu’il les disposât d’en informer à Rome par les habitudes qu’ils
33
y ont l’action méritant bien d’y estre relevée:|. Ce que nous estimons
34
maintenant de plus importer est |:d’accomplir punctuellement les choses
35
promises à un prince qui vient de l’humeur deffiante et avare de la nation
36
qui est environnée de gens portés au repos, que peu d’entre eux inclinent à
37
cette affaire, que la pluspart sont corrompus et que l’Empereur luy a offert

[p. 460] [scan. 508]


1
des conditions fort avantageuses lesquelles à toute heure il luy pourra
2
renouveller:|. Toutes ces choses nous font |:croire qu’une partie de l’argent
3
que monsieur de Croisy a mesnagé par année

37
3 ne] nicht dechiffriert.
ne seroit pas mal emploié en
4
gratiffications pour donner aux plus inportans de ces gens-là jusques à la
5
somme de cinq ou six mille risdalles:|. Nous penserions aussy que quelque
6
présent à la princesse

38
Susanna Lorántfi (gest. 1660), seit 1616 Gattin Rákóczys.
et au prince leur filz

39
Vermutlich ist der älteste Sohn gemeint: Georg Rákóczy (1621–1660).
qui a rendu de très bons offices
7
en cette occasion et qui pourra encores beaucoup servir par cy-après ne
8
seroient que très dignement employés. De ces deux originaux du traitté l’un
9
est signé par le prince et l’autre par monsieur de Croissy qui s’est
10
prudemment accommodé aux exemples qui luy en ont esté monstrés. |:Ce
11
sera sur celluy-cy que la ratiffication devra estre expédiée pour nous estre
12
s’il vous plaist renvoiée pour faire remporter par celluy qui nous a esté
13
despêché:|, lequel à cet effet et pour espargner la despense nous avons
14
retenu icy sans le faire passer jusques à vous puisque nous |:avions vostre
15
courrier, c’est un petit officier de l’armée suédoise, François de nation qui:|
16
sçait la langue et le pays

40
Zu seiner Person wurden weitere Angaben nicht ermittelt.
. Nous le ferons payer de son voiage jusques en
17
cette ville et pour son retour. Nous estimons qu’il sera trouvé à propos
18
|:d’acompagner la ratiffication de lettres de Leurs Majestez à ce prince, mais
19
il est nécessaire par-dessus toutes choses que l’argent accompagne la civilité
20
et qu’en nous envoyans la ratiffication à temps:| avec l’original du traicté
21
signé par ledit sieur de Croissy |:pour estre rendus sur les lieux dans le
22
premier jour d’aoust:| selon qu’il a esté convenu. Il y ayt quant et quant
23
|:une lettre de change payable en la ville de Dantzic à:| l’ordre dudit sieur
24
de Croissy de quatre-vingt-cinq mille cinq cens risdalles, |:car sans ces deux
25
expéditions punctuelles nous ne tenons rien:|. Les sieurs Hoeufft ou
26
Lumague

41
Der Bankier Lumague leistete der Krone seit den Zeiten Richelieus seine Dienste ( Avenel S.
42
463); zu den Herren Hoeufft vgl. S. 362 Anm. 1.
qui ont leurs correspondans à Dantziq pourront fournir la lettre
27
de change, car de la prendre pour Venize le passage puis après seroit long
28
par Constantinople et hazardeux dans l’incertitude si le Turc en veut ou
29
non à cette République. Nous avons fait |:la supputation de cette somme
30
sur ce que pour |:chaque année le subside ne monte qu’à soixante et quinze
31
mil risdalles payables en deux termes dont l’un eschet le premier jour
32
d’aoust prochain:|, ce qui fait trente-sept mille cinq cens risdalles et en
33
outre quarante-huit mille risdalles payables aussy à mesme jour, lesquelles
34
sont pour l’entretènement de quinze cens hommes de pied |:que le Roy
35
doit fournir moiennant:| quoy |:se trouve sauvé l’argent de la levée que
36
monsieur de Croissy avoit pouvoir de donner et que le prince prétendoit

[p. 461] [scan. 509]


1
raisonnablement:| et en outre il a |:deschargé Sa Majesté des frais de
2
recreues et de ceux qu’il faudroit faire à la Porte:| pour empescher |:que
3
l’on ne révoque la permission qu’il a de faire la guerre:|. Il est vray que dans
4
ce payement de quatre-vins-cinq mil cinq cens risdalles:| se trouve une
5
avance de six mois laquelle se pourra:| reprendre sur les payemens suivans,
6
l’honneur de la négotiation qui a esté si bien mesnagée en tout et par tout
7
|:n’aura point à

42
7 pâtir] falsch dechiffriert: partir.
pâtir pour si peu de chose à quoy il n’a point esté consenti
8
sans une apparente nécessité:|. De tout cecy nous avons pris sujet d’escrire
9
à |:monsieur de Rorté à ce qu’il presse messieurs les ambassadeurs de Suède
10
de satisfaire aux choses promises de leur part au prince de Transsilvanie:|.
11
Car nous voyons par les despêches de monsieur de Croissy:| comme aussy
12
par une lettre que |:ce prince a escritte ausdictz ambassadeurs qu’il n’est pas
13
content des Suédois pour n’en avoir eu ny hommes ny argent:| et que de
14
plus il semble se préparer |:un subject de deffiance et de jalousie sur ce que
15
Tortenson prétend attaquer Presbourg, capitalle de Hongrie:| sur laquelle
16
|:le prince a sa visée:|.

17
Nous suivrons punctuellement les intentions de la cour par l’entretien
18
d’une exacte et fréquente correspondance avec monsieur le mareschal de
19
Turenne. Nous luy avons mandé ce que nous recognoissons par voz
20
despêches de l’estime grande que l’on a pour luy et les soins extrêmes qui se
21
prennent de pourvoir à tout ce qui peut estre nécessaire pour remettre son
22
armée en bon estat. Il nous avoit escrit pour disposer les ambassadeurs de
23
Suède à faire que la conjunction de monsieur Konigsmarch durast au moins
24
jusques à ce que les renfortz de France fussent arrivés. Nous luy avons
25
respondu que c’estoit desjà chose faitte. Mais vous aurés veu par noz
26
précédentes que ce sera prudence de ne se pas tant fier à cette conjunction
27
que les ordres ne soient continués à bon escient pour le redressement de
28
l’armée.

29
Nous finirons cette lettre Monsieur par le dernier article du grand mémoire
30
en vous disant que nous avons veu |:messieurs les médiateurs tant pour leur
31
représenter les procédures partialles qui se tiennent à Rome que pour leur
32
faire sentir le tort qu’on faict à la France de luy inputer les longueurs et
33
difficultez de cette négotiation:|. Il est vray que dans l’accomplissement de
34
cet office nous fismes |:distinction entre la qualité de médiateurs, celle du
35
nunce du pape d’une part et d’ambassadeur de Venize d’autre et que ce
36
fust:| seulement en cette dernière que nous les considérasmes. En nous
37
|:adressant donc audict sieur nonce nous luy:| exposasmes de mot à mot
38
tout le contenu en l’article du grand mémoire où sont |:spéciffiez les
39
subjectz de mauvaise satisfaction desdictes procédures:| lesquels nous
40
résumerons icy sommairement en cinq pointz. Le premier |:sur les grâces
41
continuelles que le pape faict aux Espagnolz, le second sur la promotion des

[p. 462] [scan. 510]


1
cardinaux, le troisiesme sur le peu de cas:| des instances de Sa Majesté pour
2
|:le roy de Portugal, le 4 e sur le faict de la Catalogne, et le 5 e :| sur les affaires
3
de |:Beaupuy:|. Au premier |:ledit sieur nonce nous pressa de particulariser
4
et spéciffier quelles sont ces grâces et qu’il:| espéroit pouvoir nous y donner
5
raison ou satisfaction. Au second |:que les promotions des cardinaux sont
6
quasi toutes:| de cette nature se trouvant plus de |:subjectz originaires de
7
Naples, Milan, Florence et Gennes:| que d’autres lieux, que ce sont gens
8
comodes et aysés qui |:aspirent volontiers à cette dignité:|. Nous respondis-
9
mes que |:la France méritoit bien un contrepoids et que:| ce n’eust pas tant
10
esté |:au pape de prendre un subject du Saint-Siège pour compenser tant
11
d’autres nominations:|. Il voulut repartir par la conséquence des |:autres
12
princes qui prétendroient aussy recomander, nous répliquames que:| l’on
13
eust pu ne point faire parestre la |:recomandation de la Reyne, ce qu’estant
14
mesnagé de la sorte les autres princes n’auroient rien eu à prétendre ny à
15
redire que le pape usant de sa liberté de choisir tel qu’il voudroit:|. A ce
16
propos |:monsieur Contarini prenant la parolle répéta par deux fois ces
17
mots latins:| ‘quod difertur non aufertur’ |:ce qu’il fist de telle façon qu’il
18
sembloit vouloir nous donner à connoistre que nous aurions bientost
19
subject de contentement:|. Au troisième |:monsieur le nonce dit que l’on
20
avoit faict:| tout ce qu’on pouvoit prétendre puisque |:Sa Sainteté avoit
21
pourveu les mesmes personnes que le roy de Portugal avoit désirées:|. Mais
22
quand nous |:parlames de l’obédience, il:| commença |:sa réponce par une
23
forme d’estonnement qu’il:| n’auroit pas creu que |:la France eust si peu en
24
considération les affaires de Rome que de n’i avoir personne aucthorisée:|.
25
Il nous demanda par plusieurs fois qui estoit là |:pour faire cette poursuitte
26
et nous avons ce nous semble recognu que le pape voudroit faire:| à
27
l’instance d’un ministre du Roy. Nous croyons bien aussy qu’il se |:voit
28
mal-volontiers privé de l’honneur d’avoir auprès de luy un ambassadeur du
29
Roy:| et ce qui nous y confirme d’autant plus c’est que |:monsieur
30
Contarini en:| nous tesmoignant d’estre bien ayse de |:s’estre trouvé a cette
31
conférence appuya fort:| sur la nécessité d’avoir |:là un ambassadeur et nous
32
représenta que le pape:| parlant à celuy que |:la république de Venise luy a
33
envoié

39
Gesandter Venedigs bei der Kurie war von 1640 bis zum Herbst 1645 Angelo Contarini;
40
wegen Krankheit hielt er sich während seiner Amtszeit teilweise in Venedig auf, von
41
Dezember 1644 bis zum Abschluß seiner Mission war er ständig in Rom. Im April 1645 ging
42
außerdem die Obödienzgesandtschaft Venedigs an Innozenz X. ab; ihre Mitglieder waren
43
Giovanni Nani, Pietro Foscarini, Alvise Mocenigo und Bertuccio Valier ( Relazioni III, 2 S.
44
45–62).
:| avoit tesmoigné du desplaisir |:et de la tendresse de ce que Sa
34
Majesté n’avoit pas satisfaction de sa conduicte:|. Nous ne doutons
35
nullement que le mesme |:ambassadeur de Venise n’en ait donneé compte à
36
la cour:| ces Messieurs-là estant bien ayses d’agir dans des occasions où ilz
37
pensent mériter. Ilz adjoustèrent qu’il importeroit fort que |:Sa Majesté
38
eust là une personne en chef qui pust soustenir Sa Saincteté:| et empescher

[p. 463] [scan. 511]


1
par sa présence et adresse que |:les Espagnolz ne tirent avantage de cette
2
espèce d’abandonement,:| ce que nous vous référons Monsieur non pas
3
pour adhérer à leurs sentimens mais seulement pour vous donner compte
4
de ce que nous avons entendu, car au contraire nous croyons que par la
5
prudence du procedder de |:la cour:| l’on peut proffiter de |:cette peine où
6
est le pape:|. Au quatrième |:ledict sieur nonce nous tesmoigna de s’ eston-
7
ner de cette plaincte:| parce que le |:clergé de Catalogne a le moins de
8
dépendance et de correspondance à Rome qu’aucun autre:|.

9
Beim 5. Punkt bestand Chigi darauf, daß der Prozeß gegen Beaupuis und seine
10
Mittäter in Rom geführt werde, zumal Vergehen gegen Kardinäle dort abzuur-
11
teilen seien. Wir entgegneten unter anderem, daß das Parlament von Paris den
12
Prozeß führe und daß das Vergehen auch als Staatsverbrechen zu werten sei,
13
nicht nur als Sakrileg.

14
Il seroit trop long de vous desduire toutes les autres considérations que
15
nous avons soustenues avec fermeté tant sur ce point que sur tous les autres
16
précédens agités en cette conférence qui dura depuis les 3 heures jusques à
17
sept et où tout se passa néantmoins fort civilement, mais chacun se tenant
18
sur son opinion. Nous remarquasmes que |:monsieur le nonce se rendit
19
soigneux de:| notter plusieurs choses avec son crayon et nous croyons que
20
|:c’est pour en escrire à Rome:|.

21
Nous prismes occasion par mesme moyen de leur faire une petite plainte de
22
ce que |:à Rome et à Venize on publie que la France ne veut point de paix:|
23
contre ce qu’ils sçavent estre |:de la bonne intention du Roy:|. Sur ce sujet
24
nous leur exagérasmes ce qui |:a esté faict icy de la part de la France:|. Ils
25
nous asseurèrent que |:cella ne venoit point d’eulx, que tant s’en fault que
26
cella fust:|, tous les advis qui leur viennent |:d’Italie leur donnent subject de
27
faire connoistre le contraire:|, qu’il se peut faire que sur ce qu’ils ont |:escrit
28
comme les choses se passent l’on a tiré quelque opinion que la France
29
reculle:|, aussy que le mesme se peut colliger par leurs lettres |:au regard
30
des Inpériaux et Espagnolz:|. Nous conclusmes noz discours par une
31
mutuelle satisfaction et demeurèrent d’accord que |:nostre dernière propo-
32
sition nous met hors de tout soubçon de ce costé-là:|. Comme nous
33
achevions cette lettre il nous en est venu une de la part de monsieur le
34
baron de Rorté qui nous a semblé remplie de divers advis si considérables
35
que nous avons estimé à propos de vous en envoyer la copie.


36
Beilagen in AE , CP All. 55


37
1 Französische Proposition II, Münster 1645 Juni 11, mit Zusatz vom 14. Juni, [fehlt]

38
Kopien: AE , CP All. 44 fol. 47–51’, BN F. fr. 10649 fol. 238–243, AE , MD All. 9 fol.
39
192–195, AE , CP All. 47 fol. 62–67 (jeweils mit Addition vom 14. Juni); Druck: Nég. secr. I
40
S. 372–374 (mit Addition); Gärtner V S. 246–252 (ohne Addition), eine lateinische
41
Übersetzung Ebenda S. 252–259 (mit Addition).
.

[p. 464] [scan. 512]


1
2 fol. 72–76: Antwort auf die Stellungnahme des Conseil zum Projekt der französischen
2
Proposition II, Münster 1645 Juni 20, Ausfertigung

51
Kopien: AE , CP All. 44 fol. 107–110, AE , CP All. 51 fol. 531–532’, BN F. fr. 17897 fol.
52
119–119’.
:

3
Sur la première remarque commençant par ces mots ‘il semble de prime abord’ etc.:
4
Nous nous sommes conformés à cette première remarque et avons remédié à l’ inconvé-
5
nient allégué en usant mesmes des propres termes qui nous sont indiqués, qui sont ‘si
6
après la paix conlue avec l’Empereur et le roy d’Espagne’ etc.

7
Sur la seconde commançant ‘Il semble que l’article’ etc.: Nous avons mis l’article des
8
prisonniers selon qu’il est porté par la remarque, et les plénipotentiaires de Portugal
9
seront très satisfaicts de ce que la liberté du prince Edouard frère du roy de Portugal est
10
demandée par messieurs les ambassadeurs de Suède et par nous. |:L’on pourra faire
11
valloir par delà au comte Vidiguera que voylà desjà deux grandes:| déclarations qu’ils
12
ont receues de nous, l’une le traittement que nous leur faisons, et l’autre cette liberté
13
proposée. A la vérité messieurs les ambassadeurs de Suède s’estoient desjà portés
14
d’eux-mesmes à faire mention du roy de Portugal à l’endroit où ils nommoient ceux qui
15
seroient compris dans le traitté, |:mais nous leur remontrâmes que ce n’estoit pas luy
16
faire un grand office estant le lieu où l’on a accoustumé de mettre jusques à des princes
17
indifférens lesquelz d’ordinaire sont nommez de part et d’autre:|. Le véritable lieu où
18
nous entendons parler de luy est le 14 article et en son temps nous le déclarerons,
19
n’ayans mis pour le présent la chose qu’en termes généraux.

20
Sur la 3 e commançant ‘On représente’ etc.: Cella a esté mis a couvert parce que nous
21
nous sommes esclaircis plus d’une fois sur ce sujet avec messieurs les ambassadeurs de
22
Suède lesquels ont fort bien compris et nous en ont mesmes fait plainte depuis peu de
23
jours que cela tesmoignoit trop grande disposition à nous relascher. Enfin nous vous
24
asseurons qu’avant avoir mis cette clause nous avions convenu de la mesme chose avec
25
les ambassadeurs de Suède à sçavoir que ces propositions |:ne seroient point obligatoi-
26
res entre nous et pourrions-nous en relascher:| selon l’occasion des affaires. Nous vous
27
l’avons mandé en son temps et vous supplions de bien remarquer cette convention
28
parce qu’elle nous doit servir à l’esgard des Suédois et autres alliés pendant le cours de
29
la négotiation et que nous n’eussions pas fait beaucoup de demandes comprises dans
30
cette proposition |:si nous n’avions pas la liberté de nous en retrancher:|. L’escrit n’a
31
servy que de preuve de ce qui avoit esté convenu. En un mot cette convention a précédé
32
tous nos concerts avec eux et en a esté le fondement.

33
Sur la 4 e commançant ‘Cet article à part’ etc.: Nous nous sommes conformés sur celle-là
34
ayant osté entièrement l’article, les Suédois et les autres en ont fait du bruit, s’en sont
35
plaints à nous par monsieur de Rosenhane et à monsieur de Rorté comme vous verrés
36
par la copie de la lettre de ce dernier

53
nr. 131.
. Pour la chose faitte nous tascherons bien
37
tousjours de la deffendre leur ayant fait communiquer nostre proposition par monsieur
38
de Saint Romain avant que de la délivrer aux médiateurs et avec cette intention résolue
39
entre nous que si messieurs les ambassadeurs de Suède s’y fussent opposés formelle-
40
ment nous y aurions mis l’article présupposans qu’en ce cas la Reyne ne l’auroit pas eu
41
désagréable. Cela nous fait croire que les |:plainctes qu’ilz nous en font ne viennent pas
42
si directement d’eulx comme des instigations de depputtez de l’Empire qui sont auprès
43
d’eulx:|. Il nous reste de sçavoir comment nous aurons à nous régler quand il sera parlé
44
en vertu de l’article que les Suédois de leur costé en ont mis dans leur proposition.
45
Nous avons bien sujet de croire |:aussy que cette plaincte des Suédois est en partie un
46
effect de leur adresse pour prévenir les nostres puisque nous avons plus de subject de
47
nous plaindre des addittions et changemens qu’ilz ont faict au préjudice de nostre
48
concert:|. Quand nous en avons parlé à monsieur Rosenhane il nous a respondu que ce
49
ne sont pas choses essentielles, ce que nous croyons au contraire et cela se jugera par la
50
copie de leur proposition qui est barrée aux lieux où ils ont apporté du changement.

[p. 465] [scan. 513]


1
Sur la 5 e commançant ‘Puisque les Suédois’ etc.: L’on verra qu’il est satisfait à
2
l’advertissement donné en cette remarque |:n’ayant esté faict aucune mention des
3
Calvinistes dans la proposition:|.

4
Sur la 6 e commançant ‘Il semble qu’il ne soit pas’ etc.: Nous avons punctuellement
5
suivy ce mémoire pour la forme de parler de la seureté du traitté |:mais aussy ne vous
6
devons-nous pas celler que les alliez, les médiateurs et les parties en font esgallement
7
plainctes, surtout les Suédois disent que cette proposition de ligue d’Allemagne leur
8
ayant esté faitte par nous:| pour l’observation du traitté qui interviendra. Ils s’ eston-
9
nent que nous n’en ayons pas parlé comme eux. Mandés-nous s’il vous plaist que nous
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nous en expliquions, ne trouvans pas grand inconvénient de nous en laisser entendre
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aux médiateurs puisqu’aussy bien les Suédois qui vont de concert avec nous ont déclaré
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par escrit l’intention que nous avons sur ce point laquelle mesmes ne sera pas
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désagréable aux princes de l’Empire selon ce que nous pouvons juger du discours de
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plusieurs députez.

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Sur la 7 e commençant ‘Il faut prendre garde’ etc.: Nul péril de ce costé-là |:tant s’en
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fault l’on ne s’est pas jusques icy tant estonné ny plaint que nous ayons demandé la
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satisfaction de deux couronnes, comme de ce que nous n’avons pas déclaré que nous
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prétendons:|.

19
3 fol. 78–84’: Schwedische Proposition II, Osnabrück 1645 Juni 1/11, Kopie

39
Weitere Kopien AE , MD All. 9 fol. 196–200’, AE , CP All. 44 fol. 52–57’, AE , CP All. 46
40
fol. 543–546, AE , CP All. 47 fol. 92–99; AN K 1335 nr. 48. Druck: Meiern I S. 435–438 ;
41
deutsche Übersetzung Ebenda S. 439–442.
.

20
4 nr. 131.

21
5 Zwei Ausfertigungen des Vertrages mit Rákóczy, Munkács 1645 April 22 [fehlen]

42
Druck: Nég. secr. I S. 359–365.
.

22
6 nr. 140.

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