Acta Pacis Westphalicae II B 5,1 : Die französischen Korrespondenzen, Band 5, 1. Teil: 1646 - 1647 / Guido Braun unter Benutzung der Vorarbeiten von Kriemhild Goronzy und Achim Tröster, unter Mithilfe von Antje Oschmann am Register

14
Ich freue mich über den Fortschritt Ihrer Verhandlungen; jeder andere als
15
Sie hätte dabei Schiffbruch erlitten. Den Spaniern ist es gelungen, unter
16
den Provinzen Zwist zu säen. Die Vereinigten Niederlande sollten sich
17
jedoch vor innerer Zerstrittenheit hüten, die keineswegs ihren Interessen
18
dient und zu der sie ihre Regierungsform ohnehin schon neigen läßt. Al-
19
lein der Schweiz ist es gelungen, sich selbst über lange Zeit in der Form
20
einer Republik unabhängiger Kantone zu erhalten und dabei eine den ei-
21
genen Interessen dienende Politik zu betreiben.

22
Nous verrons bientost quelle résolution ils prendront en Hollande. Le
23
secrétaire de l’ambassade est venu icy, qui nous a dict qu’il ne doutoit
24
point que vous n’emportassiez la garantie, soit que la paix d’Espaigne se
25
puisse conclure avec nous,

43
25 ou non,] eigh. Einschub La Courts.
ou non, mais aussy qu’ils ne mettront point en
26
campagne, et qu’ils nous laisseront disputer les bras croisez, parce que
27
pour se mettre en campagne tout dépend de la province d’Hollande, qui
28
seule a le pouvoir et n’en a point la volonté. J’ay charge particulière de
29
monsieur d’Avaux de vous en advertir.

30
Pour nos affaires, elles s’advancent. Je vous ay envoyé les articles de l’ac-
31
commodement de la couronne de Suède et de Brandebourg

44
Als Beilage 1 zu La Court an Servien, Osnabrück 1647 Februar 14; eigh. Ausf.: AE , CP
45
All. 87 fol. 320–320’. Auch Beilage 1 zu nr. 143.
; depuis on a
32
traitté de la satisfaction de la Suède avec l’Empereur qui est aussy arrestée.
33
Sy je puis aujourd’huy avoir les articles, je vous les envoyeray. Je croy
34
|:que dans deux jours que [!] monsieur d’Avaux les envoyera à la cour
35
par monsieur de Préfontaine, car il a:| désiré |:de monsieur de Longuevil-
36
le:| qu’il peust donne〈r〉 |:cet advis:| comme |:d’une affaire à laquelle il a
37
contribué:| beaucoup, et pour faire |:valloir sa marchandise:|. Tout s’est
38
|:rencontré facile par la foiblesse des Impériaux:| qui ne sont pas |:en estat
39
de disputer:| sur les conditions, et je vous asseure que c’est |:vendre de la
40
fumée:| que de |:se vanter d’y avoir contribué quelque chose:|. Jamais
41
homme n’a esté plus satisfaict et je vous responds que |:quand vous eus-
42
siez esté à Munster, qu’il n’eust jamais permis que vous eussiez faict ce

[p. 646] [scan. 828]


1
voyage qui luy faict:| concevoir |:de grandes espérances, et il est sy heu-
2
reux:| que tout |:contribue à son dessein:|. Pour faire valoir sa |:catolicité,
3
ses émissaires:| le publient desjà partout, et je sçay |:qu’ilz ont escript de
4
luy à Rome:| comme |:du protecteur de:| la religion |:catholicque qui estoit
5
perdue en Allemagne sans luy:|.

6
Hier il y [eut] céans une célèbre députation de touts les protestants par
7
douze députez qui vouloient obliger la France de favoriser le dessein
8
qu’ils ont de faire tomber les éveschez de Minden et d’Osnabrug entre
9
les mains des protestants.

10
Il leur fist une belle, docte et estudiée response par laquelle il leur remon-
11
stra que les intérêts de nostre religion ne pouvoient souffrir qu’il contri-
12
buast rien pour faire oster aux catholiques des éveschez qu’ils avoient
13
tousjours possédez, et que comme la France avoit tousjours contribué de
14
tout pour les maintenir dans leur liberté et dans leur religion, qu’elle de-
15
voit avoir le mesme soin pour ceux qui faisoient profession de sa religion
16
catholique, et qu’elle ne donneroit jamais cet advantage aux ennemys de
17
l’Estat de se servir contre nous du prétexte de la religion, et les prioit,
18
après avoir receu tant d’advantages de la couronne de France, de se con-
19
tenter, et ne désirer pas des choses qui estoient contre nostre honneur et
20
nostre conscience.

21
Ils ne sortirent pas fort satisfaicts et ce qui est fascheux, c’est que |:mes-
22
sieurs de Suède les maintiennent dans l’injustice de ses [!] prétentions:|.

23
Cette affaire par la seule raison politique, sans considérer une cause plus
24
haute, est de très grande conséquence et la France a un intérest très nota-
25
ble en conservant les uns, de ne laisser pas oprimer les autres, mais de
26
faire tousjours la balance entre les deux partys. Je veois desjà de grandes
27
bateries qui se dressent contre monsieur de Bavières, et la cause palatine
28
qui paroissoit au commencement fort abandonnée se relève extrêmement.
29
La Suède, la Hollande et touts les protestants parlent pour eux, et sy le
30
roy d’Angleterre faict son accommodement, on croit qu’il viendra enco-
31
res un ambassadeur.

32
Cela oblige de presser les affaires, et souvenez-vous qu’il est temps, |:car
33
je vois les princes protestans:| sans rien déguiser |:considérer:| entièrement
34
|:la couronne de Suède:|, et j’oserois dire plus que la France, les intérest[s]
35
de leurs maisons et ceux de leur religion estant |:conjoinctz:| de sorte qu’il
36
|:s’y:| rencontre |:une fraternité:| que la diversité de religions |:entre alliez
37
rend:| tousjours |:suspecte:|. Ce sera un aveuglement pour eux |:et une in-
38
gratitude:| la plus grande du monde, car de solide |:authorité qui les puisse
39
maintenir:|, il n’y a |:que la France:| qui depuis cent ans, par divers traitez
40
et par ses armes, a maintenu leur liberté et religion. Je ne dois pas estre
41
suspect sur ce chapitre sur lequel je ne m’emporteray jamais par aucun
42
zèle inconsidéré |:ny par aucun dessein:| particulier comme les autres qui
43
|:meslent leurs intérestz:| dans les |:aparences:| qu’il〈s〉 donnent |:de leur
44
zèle envers leur religion:|.

[p. 647] [scan. 829]


1
Au reste, Monsieur, je prends la liberté de vous dire que monsieur de
2
Brienne m’escrit

35
Der Brief konnte nicht ermittelt werden.
qu’il m’auroit envoyé le duplicat〈a〉 des lettres de la
3
cour pour m’informer des intentions, n’estoit qu’il ne doute point que
4
|:monsieur d’Avaux ne m’en:| donne |:communication:|; cependant, depuis
5
|:qu’il est icy:|, il ne m’a point faict cette faveur, et me laisse |:en ténèbres:|,
6
de sorte que je ne puis quasy rien |:escrire:|, et |:n’ozerois:| hasarder le
7
moindre mot de |:mes sentimens:|, de peur qu’ils ne se rencontrassent |:pas
8
conformes aux intentions de la cour:|. Vous avez |:souffert:| sy longtemps
9
|:de la jalousie de son:| humeur que ce n’est point |:à moy à me plaindre:|,
10
mais en vérité, dans la place où je suis, il |:seroit:| juste, ce me semble, |:de
11
m’en donner plus de part:|, car je sçay que sy |:monsieur de Saint-Romain
12
estoit icy:|, il n’y auroit rien |:de réservé pour luy:|. Je n’en fais rien |:pa-
13
roistre:| du tout et ne |:m’en plaindray:| point à la cour, et cousleray le
14
temps |:qu’il sera icy:| le plus doucement qu’il me sera possible, car puis-
15
qu’il |:a escript

36
Das Lob La Courts durch d’Avaux in nr.n 73 und 101 legt diesen Schluß nahe.
que nous estions dans une:| parfaitte |:intelligence:|, et quel-
16
que chose à mon |:advantage:|, je ne veux rien faire paroistre contraire. |:Sy
17
vous:| aviez esté icy, j’aurois peu dire |:mon employ:| le plus beau du mon-
18
de, mais |:la confiance:| me manque, qui est de [!] la chose du monde de
19
laquelle vous sçavez que je me picque le plus, n’est[ant] pas homme à pren-
20
dre pour une dernière obligation ce que l’on faict pour mes |:intérestz.

21
Il a:| escrit

37
Ein Brief d’Avaux’ mit diesem Betreff wurde nicht ermittelt. La Court bat bei Hofe jedoch
38
auch selbst um Fürsprache zwecks Auszahlung seiner ausstehenden Bezüge, und zwar in
39
einem Schreiben an [Lionne], Osnabrück 1647 Februar 4; Ausf., nicht dechiffriert: AE , CP
40
All. 81 fol. 32–33’.
de |:luy-mesme à la cour:| pour mes apointements, et me tes-
22
moigne |:qu’il me:| fera |:rembourser des fraiz de son voyage:|. C’est quel-
23
que chose, mais je vous advoue |:qu’il:| m’auroit bien plus |:obligé:| de me
24
donner |:plus de confiance:|, puisque ce n’est point |:l’intention de la cour:|
25
que l’on |:me cèle rien:|. Je n’ay peu m’empescher de vous faire |:cette
26
petite plainte:|, qui ne passera pas plus long s’il vous plaist. Je vous supplie
27
aussy de vous souvenir de la prière que je vous ay faitte d’escrire à la cour
28
pour me faire payer de mes apointements à Munster parce que je ne veux
29
point avoir obligation à d’autres qu’à vous et à vostre maison, ne pouvant
30
souffrir aucune obligation estrangè〈re〉, de ceux principalement

34
30 que] eigh. Ergänzung La Courts.
que je
31
n’ay aucune intention de servir.

Documents